Intervention de l’eurodéputée Cristiana Muscardini en session plénière au Parlement Européen

Monsieur le Président,
Chers collègues,

Il est paradoxal qu’en 2014 on doive encore parler de la non mise en œuvre, et de la part d’Etats membres de l’Union, de ces valeurs de démocratie et d’Etat de droit qui auraient dû constituer le fondement de l’intégration européenne. Les lacunes existantes sont encore nombreuses : en Italie il existe toujours des prisons où sont enfermés des milliers de détenus dans des conditions inhumaines.

En Allemagne, dans la grande Allemagne, il existe toujours des établissements comme le Jugendamt aux dépens de la liberté et des droits des enfants de couples binationaux et des droits des deux parents. L’Europe a ouvert les frontières aux marchandises, mais certains pays les ont fermées pour les mineurs.

Peu de pays ont souscrit à la Convention d’Istanbul contre la violence à l’égard des femmes, des mineurs et des personnes âgées ; et les Etats n’ont pas tous accepté de demander à leurs agents de police d’utiliser des numéros d’identification. Nombreuses sont les questions ouvertes en termes de droits civils, de protection des réfugiés et de liberté d’expression. Au-delà de nos frontières, des hommes et des femmes combattent pour avoir ces droits qui leur ont été niés et en Europe aussi il devient toujours plus nécessaire de garantir qu’on ne doive plus négocier pour les droits fondamentaux et il faut aussi une Charte Commune des Droits des Institutions envers les citoyens et des citoyens envers les Institutions.

Vidéo de son intervention en italien

Ce qu’Allemagne veut, UE veut…

Jeudi 20 mars 2014 au soir, 24 pétitionnaires, parents d’enfants otages de l’Allemagne, ont appris par courriel, sans aucune explication, que la Commission des pétitions qui devait se réunir le 1er avril 2014, venait d’être annulée à la demande d’un eurodéputé allemand, Peter Jahr.

Jeudi 20 mars au soir, de nombreux parents d’enfants otages et leurs proches qui s’étaient mobilisés à la demande de leurs eurodéputés respectifs ont dû ajouter à leur peine et à leur désespoir, la colère d’avoir perdu plusieurs centaines d’euros qu’ils ont dépensés pour payer leur billet de train ou d’avion et leur chambre d’hôtel.

Cristiana Muscardini et Philippe Boulland ont immédiatement exprimé stupeur, indignation et colère.

Communiqué de Philippe Boulland :

Combien faudra-t-il de drames humains pour parler des divorces binationaux en Allemagne

Imaginez la situation. La Commission des Pétitions (PETI) discute depuis plusieurs réunions des conséquences des divorces en Europe. Le Danemark, le Royaume-Uni, l’Espagne, la France, etc sont concernés. La Commission PETI se prépare à discuter le 1er avril prochain du sujet qui concerne l’Allemagne. Des parents sont prévenus. Ils n’ont pour certain plus aucun autre recours que de venir à Bruxelles pour parler de leur calvaire. L’Allemagne est le pays qui pose justement le plus de problème en Europe en matière de divorce. Pourtant, ce débat n’aura pas lieu.

La délégation allemande a réussi à supprimer ce sujet de l’ordre du jour grâce aux coordinateurs PPE, Socialiste et ADLE.

J’apprends donc, à mon retour d’une mission à Madagascar, avec stupeur et indignation, l’annulation pure et simple des débats autour du Jugendamt (Office allemand de protection de la jeunesse) qui devaient se tenir en commission des Pétitions. Cette décision prive de très nombreux parents, et indirectement des enfants, de la parole, alors que c’est souvent la seule chose qui leur reste.

La question du divorce et des droits de l’enfant a été évoquée au Parlement européen pour de nombreux pays, mais bizarrement, on n’a pas le droit de parler de l’Allemagne. Pourtant, c’est l’État européen avec lequel nous rencontrons le plus de problèmes.

En choisissant les pays dont on a le droit de discuter, on discrédite le rôle du Parlement européen. En cette année européenne de la citoyenneté, cela risque de faire le jeu du populisme. Je condamne cette décision qui revient à dire qu’il existe deux poids, deux mesures, pour les citoyens européens et que ceux-ci ne sont pas égaux pour parler de leurs problèmes.

Une délégation du Parlement dont j’ai fais parti, s’était rendue à Berlin en novembre 2011. Cette mission nous avait permis de comprendre les fondements du problème. Depuis, plusieurs centaines de pétitions nous sont parvenues. Mais rien n’a changé! Combien faudra-t-il de drames humains pour en parler ?

Communiqué de Cristiana Muscardini :

Jugendamt, Muscardini : le honteux report allemand des pétitions contre le Jugendamt

Bruxelles, 20 mars 2014

Le honteux « NON » du coordonnateur allemand Jahr du PPE (Parti Populaire Européen), dans la Commission des pétitions, a fait sauter la discussion des 24 pétitions portant sur le Jugendamt, prévue le 1er avril – a déclaré Cristiana Muscardini, vice-présidente de la Commission du commerce international au Parlement Européen. « Tout cela, malgré l’effort de la présidente Mazzoni, ainsi que des députés, Roberta Angelilli, Niccolò Rinaldi et Patrizia Toia, qui, tout comme moi, se battent depuis des années, pour empêcher les discriminations faites en Allemagne par le Jugendamt, contre les parents d’origine non-allemande et au détriment des enfants. À présent, des milliers de citoyens européens, ayant signé les pétitions afin de redonner à des mères et pères la possibilité de revoir leurs enfants, risquent de ne pas recevoir une réponse exacte et ceci jusqu’à une prochaine législature. L’Allemagne refuse une fois de plus la confrontation et accepte la présence sur son territoire des mesures discriminatoires contre les parents provenant d’autres pays européens, en condamnant ainsi les enfants, issus de couples binationaux, à vivre exclusivement en Allemagne, privés de l’affection et de la présence de l’autre parent ».

Traduit de l’Italien par Ramona Leahu

Affaire Soléa

La cour d’appel d’Aix-en-Provence a rendu sa décision.

« … car je suis au regret de vous informer que la justice française n’a pas tranché aujourd’hui 18 février 2014 en faveur de l’intérêt supérieur de cet enfant de nationalité française et qui a été envoyé en Allemagne le 26 septembre dernier tel un vulgaire paquet et qui a crié haut et fort, sur un procès verbal, son refus de partir en Allemagne… »

Cédric Laurent


Voir l’histoire de Soléa Laurent, une petite fille de 6 ans.

Soléa Laurent 6 ans, enlevée par sa mère allemande

Article de Olivier Renault, publié le 10/12/2013 dans La voix de la Russie

Le 26 septembre 2013, les gendarmes de la brigade des Baux-de-Provence, sans attendre la décision de la Cour d’appel du 19 décembre, ont remis de force Soléa à sa mère allemande spécialement venue d’Allemagne. Cédric Laurent, 39 ans, le père de la petite fille, avait informé très tôt la justice du danger de remettre l’enfant à sa mère. Celle-ci, contrairement au jugement français initial qui mentionne une adresse française, vit dans son pays d’origine. Cédric Laurent n’a pas été entendu ni par la justice ni par la gendarmerie. Même la requête du 9 août 2013 de son avocat au procureur Pons, demandant d’attendre la décision de la Cour d’appel du 19 décembre et de ne surtout pas remettre l’enfant à l’Allemagne, n’a pas eu le moindre effet sur le procureur français. L’avocat avait écrit : « car connaissant la mauvaise volonté des autorités allemandes à ne pas reconnaître les décisions françaises, Cédric Laurent ne pourra plus revoir sa fille… ». Soléa, 6 ans, a disparu outre-Rhin.

Menaces. Le Tribunal de Grande Instance de Tarascon avait tranché en juillet 2011 et décidé des droits de visites et de vacances de l’enfant avec son père en France, non loin du domicile français de la maman. Cédric Laurent, qui a le droit de visite, ne voit plus sa fille et ne peut plus lui parler. « Je viens de recevoir une lettre écrite par la mère disant que ma fille ne veut pas me parler, qu’elle a peur de moi. Hier, je viens même de recevoir une plainte pour diffamation de la mère pour l’article paru dans la Provence relatant le rapt de ma fille ». Il faut, par la force et la menace, empêcher de dire de quelle manière l’Allemagne avec sa justice actuelle garde les enfants et ne pas révéler au public français l’ampleur des rapts d’enfants. Une technique connue par de nombreux parents français.

Planification du rapt. La future maman allemande vit et travaille en France depuis 2005. Adriana M. parle couramment le français. Le couple vit depuis l’été 2005 à Cunlhat, dans le Puy de Dôme (63). Le 9 janvier 2007, Soléa vient au monde à la maternité de Beaumont (63). Adriana M. déclare Soléa Laurent comme nom destiné à l’enregistrement de l’acte de naissance et reconnaît Cédric Laurent comme étant le père. Soléa Laurent obtient un acte de naissance français sur lequel figure l’identité de son père et de sa mère, date et lieu de naissance et une pièce d’identité française au nom de Soléa Laurent. Le couple vit ensemble de 2005 à 2007 à Cunlhat (63) et de 2007 à 2011 à Paradou en Provence (13). En 2011 le couple qui n’est pas marié se sépare et passe au tribunal de Tarascon le 28 juin 2011.

Le 26 juillet 2011, le jugement du TGI de Tarascon donne, avec l’accord du père, la résidence de Soléa Laurent à la mère au domicile français (Paradou), là ou Soléa a grandi. La villa, qui, est baptisée en son nom, se trouve à 6 kilomètres du domicile du père. La décision du 26 juillet stipule les droits de visites et les vacances avec le père. Mais trois mois avant le jugement français, profitant de vacances en Allemagne, Adriana M. avait contacté en mai 2011 le Jugendamt pour demander l’exclusivité de la garde parentale de Soléa et une pension alimentaire à Cédric Laurent. Adriana M. évita de déclarer son action au TGI de Tarascon. (Cédric Laurent et la justice en seront informés en 2012).

Juste après la décision du jugement du 26 juillet 2011, Adriana M. quitte la France et retourne en Allemagne avec l’enfant. « J’ai besoin de voir ma famille pendant les vacances scolaires et de prendre du recul avec Soléa », dit la mère au père.

Disparition en Allemagne. A partir de juillet 2011, Adriana M. reste en Allemagne avec l’enfant mais revient du 26 octobre au 2 novembre 2012 chez le père pour gagner du temps dans sa procédure en Allemagne. « Elle disait être venue pour passer un entretien et rester travailler en France. Son travail devait commencer en 2013. Elle est repartie le 2 novembre 2012 en Allemagne pour régler ses affaires. Mais elle ne reviendra pas », explique Cédric Laurent. « De février 2012 à mai 2012, j’étais à Berlin pour parler et raisonner la mère. Durant mon séjour en Allemagne, j’ai vu ma fille dans des conditions difficiles, seulement chez sa mère après avoir obtenu son autorisation. Jamais Adriana M. ne m’a laissé un week-end ouquelques jours seuls avec ma fille. Je devais presque trois fois par mois parcourir 700 km aller retour pour voir la voir à Garbsen ».

De retour en France, Cédric Laurent dépose une plainte pour escroquerie du jugement du 26 juillet 2011 : « Nous avons obtenu la preuve que dès mai 2011, la mère a demandé au Jugendamt de lui attribuer la garde exclusive et le lieu de résidence de Soléa en Allemagne alors que lors du jugement, la mère a dit vivre en France à six kilomètres de chez moi. C’est la preuve que la mère avait déjà prévu le rapt de ma fille. »

Un gendarme prend l’enfant. En Juillet 2013, Cédric Laurent fait appliquer son droit de garde en revenant avec Soléa en France et elle est en vacances chez son père, comme le dit le jugement du 26 juillet 2011. « La mère dépose une plainte en Allemagne et en France pour non présentation et enlèvement d’enfant le 8 août 2013alors que le jugement de 2011 m’octroie le droit de garde pendant tout le mois d’août. La mèreétait d’accordmais m’assigne pour enlèvement d’enfant en utilisant une convention internationale acquise par fraude. N’ayant aucun certificat rendant le jugement applicable en Allemagne, la mère a également trompé le juge de Tarascon en 2011.La mère s’appuie sur les conclusions de son avocate de l’époque et ne fait pas de changement d’adresse auprès des greffes et organisme sociaux. »

Le 16 août, le tribunal convoque le père pour qu’il donne l’enfant à la mère. Sur le champ, Cédric Laurent demande une OST (opposition de territoire) à la sous-préfecture d’Arles du 9 août au 23 août 2013. L’audience qui doit statuer sur le retour ou pas de l’enfant est remise au 26 septembre 2013. « La mèrea violé une fois de plus la législation française pour non respect du contradictoire. L’audience est donc remise au 26 septembre ». Cédric Laurent : « J’avais la possibilité de demander une IST (Interdiction de sortie de territoire) mais il fallait 2 mois et 10 jours pour faire la demande, ce que la loi française demande quand la personne à stopper est étrangère. Au lieu d’avoir l’IST le 26 septembre 2013, le juge a décidé de renvoyer l’audience de Marseille au 24 octobre pour une nouvelle faute de procédure car la mère n’a pas saisi la collégiale de juge et le procureur. Le substitut Mme Mourges donne l’ordre à la gendarmerie des Baux-en-Provence de remettre immédiatement ma fille à la mère sur le parking de la gendarmerie à 21h du soir. »

Cédric Laurent explique la scène du parking : « Ce jour là, Soléa était chez mon amie Lorane. La veille, ma fille avait subi un vaccin de rappel obligatoire pour l’école et était de repos toute la journée. Les gendarmes m’ont escorté comme un criminel chez mon amie. Mon frère conduisait le véhicule car je ne pouvais plus réagir. J’étais anéanti par ce qui était en train de se passer. A plusieurs reprises, je suis descendu du véhicule et j’ai supplié le chef B. de me laisser jusqu’au lendemain pour préparer ma fille à un départ moins traumatisant. Soléa était au CP à l’école avec tous ses amis. Elle avait un très bon équilibre. Je voulais qu’elle passe par sa maison, embrasse ses grands-parents, prennent ces affaires. Le chef B. n’a rien voulu entendre et il m’a repris ma petite fille comme un vulgaire paquet sur un parking de gendarmerie à 21h du soir ! Je suis indigné de la façon dont nous avons été traités ma fille et moi ! Ce gendarme m’a arraché ma fille alors qu’aucun jugement n’avait statué sur ce point d’éloignement et que nous étions face à la procédure pendante d’Aix-en-Provence. »

Interdiction de sortir d’Allemagne ! Cédric Laurent explique qu’un accord oral avait été fait entre le vice-procureur et son avocat pour attendre la décision de la Cour d’appel du 19 décembre « pour une bonne administration de la justice française », dit-il.Depuis le 26 septembre, je n’ai plus de nouvelles de ma fille. Je ne peux pas téléphoner ou rendre visiteà Soléa en Allemagne car entre temps, l’avocat allemand de la mère a demandé au Jugendamt, tout en saisissant le tribunal de Neustadt, de donner la garde parentale unique à la mère et d’interdire toutes les visites prévues par le jugement français de juillet 2011 ! Plus grave encore l’avocat allemand demande d’interdire le retour de Soléa en France sous peine de fortes amendes et de prison. Une fois de plus, nous ne passerons pas Noël avec Soléa. »

L’avocate allemande du père français, jointe par téléphone à Berlin, est confiante. « Le juge allemand ne comprend pas la demande urgente de la mère et explique qu’il faut attendre la décision de la Cour d’appel en France du 19 décembre. »

Soutien des élus. La Cour d’appel d’Aix-en-Provence doit trancher ce 19 décembre sur une grave erreur de justice française. Avec ce nouveau cas d’enfant français enlevé par un parent allemand, allons-nous voir la justice française donner d’autres décisions dans les cas de divorces et séparations franco-allemands permettant de défendre correctement les enfants et parents français ? La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam et le député Pierre Yves Le Borgn’ ont été sensibilisés au dossier. Joëlle Garriaud-Maylam s’engage à avertir la presse, la justice, les politiques sur la gravité de cette situation.

Confiance en la France. Cédric dit, malgré tout et même si des erreurs ont été commises par les autorités de son pays et vis-à-vis de sa fille, de ne pas avoir eu de vigilance notamment sur le déplacement de Soléa en Allemagne, placer tous ses espoirs dans les conseillers et juges de la Cour d’appel, qui reste son seul espoir de revoir sa fille en France. »Je pensais et pense toujours que mon pays doit protéger ma fille née en France où elle a tous ses repères, ses racines, sa famille paternelle auprès de laquelle elle a grandi car je ne peux pas imaginer un seul instant que le sort de ma fille soit aujourd’hui décidé par la justice allemande. »

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Les divorces créent l’Europe de la défiance (Le Monde)

Trois parlementaires issus de trois assemblées et de formations politiques différentes s’associent pour défendre des valeurs universelles et dénoncer des faits précis. Qu’il soit porté par des parlementaires français ou italiens, le message reste le même et c’est encourageant.


Article paru le 23/01/2014 dans Le Monde

Les divorces créent l’Europe de la défiance

L’Europe doit se saisir de la question du divorce, trop peu d’harmonisation existe entre pays membre et des situations kafkaïennes naissent de ce vide, expliquent trois parlementaires.

En Europe, 13 % des couples sont binationaux. La libre circulation favorise les rencontres, à commencer par le programme Erasmus, si bien conté dans les films « L’auberge espagnole » et « Les poupées russes ». Mais si l’amour est européen, la rupture ou le divorce, eux, le sont beaucoup moins.

À moins de l’avoir vécu, personne ne peut en effet s’imaginer vers quels drames peuvent mener un divorce transnational. Personne ne peut imaginer qu’en ce début de XXIe siècle, à cause d’un divorce, vous puissiez ne plus voir vos enfants, être jeté en prison, être ruiné, être abandonné.

Il faut d’abord surmonter l’obstacle du conflit de juridiction. L’on voudrait imaginer que les justices entre États membres se mettent d’accord et se basent sur la référence du dernier lieu de résidence ou la nationalité des personnes. Dans les faits, les États défendent le plus souvent leurs ressortissants et l’on assiste à une course où le premier qui saisit le juge de son pays aura gagné!

HEURTER LES LÉGISLATIONS FAMILIALES NATIONALES

Cependant grâce au règlement européen de Rome III, entré en vigueur dans certains États membres de l’Union, il est désormais possible au moment du mariage de choisir la juridiction de son divorce, évitant ainsi ces insupportables années de procédures. Encore faut-il être informé de son existence et des enjeux du divorce transfrontière…

Une fois la compétence d’un tribunal national établie, encore faut-il pouvoir imposer les décisions de justice susceptibles d’heurter les législations familiales nationales. Personne ne peut imaginer que le Danemark ne reconnaisse pas les décisions en matière de responsabilité parentale et cautionne ainsi de facto l’enlèvement par l’un de ses ressortissants de ses enfants élevés dans un autre pays.

Personne ne peut imaginer que la législation allemande permette, de facto là aussi, de légaliser l’enlèvement de son enfant, en accusant son ex-conjoint d’avoir caressé « l’intention » de l’enlever. C’est au parent ainsi accusé qu’il revient de prouver qu’il n’a pas souhaité enlever son enfant.

DES PROCÉDURES SANS FIN

Cela représente des mois voire des années de procédures kafkaïennes durant lesquelles l’on n’autorise pas ce parent à revoir ses enfants par crainte d’enlèvement. Peu de parents réussissent à aller au bout de ces procédures sans fin, extrêmement coûteuses, pour lesquelles ils sont souvent privés d’aide juridictionnelle.

Personne ne peut imaginer qu’après avoir réussi à prouver son innocence, le parent ayant récupéré le droit de visite ou de garde, se heurtera dans la pratique à l’hostilité de l’influent Jugendamt (office allemand de protection de la jeunesse), qui peut se permettre sans grand mal de ne pas appliquer les décisions de justice.

Où est l’Europe dans tout cela? Nulle part, puisqu’il s’agit de questions administratives et judiciaires entre États, échappant à sa compétence. L’Europe est à ce point impuissante que l’on peut être poursuivi par un mandat d’arrêt européen pour une question de pension alimentaire et jeté en prison. Le mandat d’arrêt européen, créé pour lutter contre la grande criminalité, s’en est trouvé dévoyé.

RESSUSCITER LA COMMISSION PARLEMENTAIRE

Ces situations se comptent par centaines dans les documents reçus par la Commission des pétitions du parlement européen. Nous sommes trop souvent interpellés par des parents brisés, minés par le désespoir, l’injustice, l’attente et la ruine. Nous n’avons de cesse d’attirer l’attention de toutes les autorités, européennes comme nationales. En vain. « Circulez, il n’y a rien à voir » n’est plus une réponse acceptable. Ce sont des vies d’enfants et de parents bousillées parce qu’il n’y a jamais de responsable.

À quand une définition européenne de l’intérêt supérieur de l’enfant ? Pourquoi, entre Allemands et Français, ne pas ressusciter la commission parlementaire de médiation qui avait été mise en place par les gouvernements Schröder et Jospin entre 1999 et 2002 et qui avait obtenu des résultats appréciables ?

Pourquoi ne pas, à quelques États volontaires, rapprocher nos droits du divorce et de l’autorité parentale ? Pourquoi ne pas organiser chaque année des assises européennes des professionnels de la famille, où administrations, travailleurs sociaux, juges et avocats partageraient enfin leurs expériences ?

Il n’est pas fréquent pour trois parlementaires issus de trois assemblées et de formations politiques différentes, de s’associer dans une tribune. Nous le faisons pour défendre des valeurs universelles et dénoncer des faits précis. Nous n’entendons donner aucune leçon.

Chaque pays doit faire des progrès, y compris le nôtre et la citoyenneté européenne ne pourra progresser qu’à ce prix. Mais chaque relation parent-enfant compte. Humanisons les procédures et évacuons le sentiment d’abandon des parents et des enfants, otages aux mains de l’injustice, celle parfois, de leur propre pays.

Philippe Boulland (député UMP-PPE au Parlement européen)
Joëlle Garriaud-Maylam (sénatrice UMP des Français de l’étranger)
Pierre-Yves Le Borgn’ (député PS des Français de l’étranger)

A Milan, pour rencontrer Olivier Karrer, une autre victime du Jugendamt

Communiqué de Nicolò Rinaldi (député européen italien) du 18/12/2013

Dans la prison de San Vittore, à Milan, se trouve Olivier Karrer, fondateur du Ceed (Conseil européen des enfants du divorce), une association de parents et de grands-parents, victimes d’enlèvements internationaux d’enfants, qui pendant les dernières années, a dénoncé les abus des conventions européennes mises en œuvre par le Jugendamt – administration publique allemande qui intervient dans les procès de divorce des couples ayant des enfants mineurs, et notamment dans le cas des couples binationaux. C’est lui qui m’a écrit une longue lettre, il y a quelques semaines, et j’irai le rencontrer avec Cristiana Muscardini.

Olivier Karrer

Son cas est l’énième épisode impliquant l’institution allemande, mieux dite troisième parent qui donne la priorité aux origines allemandes de l’enfant au détriment de son vrai bien-être, en faisant de telle sorte qu’aucun mineur ne quitte l’Allemagne et que la garde exclusive ne soit jamais attribuée au parent étranger, empêchant ainsi tout rapport de ce dernier avec ses enfants. Olivier a été arrêté dans le cadre de l’enquête menée par le Parquet de Milan sur le cas de Marinella Colombo. En effet, en commençant la grève de la faim, il a accusé les institutions italiennes d’être de simples exécutrices des volontés allemandes et de persécuter des parents innocents au nom du gouvernement allemand en tissant un véritable complot et en construisant de fausses accusations basées sur des témoignages frauduleux recueillis par le Parquet de Munich sans le moindre élément de preuve et sans aucune vérification. Le seul but étant de faire paraître le Ceed une association hors la loi.

Il s’agit d’histoires scandaleuses qui méritent l’attention de l’opinion publique et des médias, car des citoyens français, italiens, américains, allemands, polonais et libanais y sont impliqués. Dans le cas d’Olivier Karrer en particulier, les investigations du Parquet de Milan ont été démarrées en mars 2011, lorsque Marinella Colombo a été arrêtée pour soustraction de mineurs. Selon l’accusation, elle était sur le point de s’enfuir avec ses enfants, Leonardo et Nicolò, au Liban. Le tribunal s’est basé sur des interceptions dont les traductions ont été contestées par les avocats de la défense. Quant à Karrer, ce dernier a été accusé pour avoir reçu de l’argent de la part de Colombo afin d’organiser la fuite. La preuve? Le témoignage d’une citoyenne allemande, Nicole Kaendler, qui affirme sous serment, ne pas connaître Marinella, mais avoir reçu de sa part un message disant qu’elle aurait payé Karrer. La femme n’a jamais montré ce message, mais peu importe : Karrer, ainsi que trois autres personnes, sont en prison.

Nous essayons de porter ce thème à l’attention des institutions européennes et italiennes depuis un bon moment. Nous avons présenté de nombreuses fois cette question en interrogeant la Commission européenne à ce sujet. Malheureusement, jusqu’à présent, nous avons toujours eu une approche prudente et légaliste, ce qui n’est plus crédible. D’un côté, parce que l’Allemagne est un grand pays et d’un autre côté parce que le droit de la famille est une compétence des états membres. Notre engagement à l’égard de ces cas sera toujours plus constant. Il semble pourtant que toutes les histoires inhérentes au Jugendamt mettent en relief un type de langage que l’on ne devrait plus entendre et, à chaque fois que nous essayons de proposer ce débat à l’opinion publique nous nous sommes toujours heurtés aux réactions des autorités allemandes, tant que l’année dernière une rencontre au Parlement de Strasbourg a été même mise en discussion.

Nous savons que le problème existe. Il n’est pas limité aux expériences particulières et nous voulons le résoudre. C’est pour cela que je souhaite réussir à ouvrir bientôt le débat national sur ce thème afin que toutes les personnes impliquées racontent leurs histoires douloureuses et complexes qui ne peuvent pas nous laisser indifférents. La question du Jugendamt génère une véritable situation paradoxale dans laquelle les citoyens européens se trouvent à la merci des outrages arbitraires des gouvernements nationaux. Un tableau d’une « Non-Europe » qui constitue également une arme facile pour ceux qui désapprouvent l’Union européenne.

Traduit de l’Italien par Ramona Leahu

Bruxelles : 8ème forum des droits de l’enfant

Enlèvement d’enfants, intérêt supérieur de l’enfant, médiation, allemands et britanniques étaient présents pour nous expliquer.

Madame l’eurodéputée Roberta Angelilli, Vice-Présidente du Parlement européen et Médiateur du Parlement européen pour les enfants victimes d’enlèvement parental transfrontalier a obtenu, après beaucoup d’insistance, que des Organisations Non Gouvernementales (ONG) représentant les parents d’enfants binationaux aux prises avec les autorités allemandes fussent présentes au 8ème forum pour les droits de l’enfant à Bruxelles.

C’est ainsi que le 18 et le 19 décembre 2013, deux associations italiennes, Free Marcel, représenté par Pablo Palazzolo et Centro Servizi Interdisciplinare C.S.IN, représentée par Marinella Colombo et l’Association Enfants Otages, participèrent à cette réunion qui a rassemblé 280 invités, intervenant non compris.

La première journée, une journée d’information, a été consacrée à la voie à suivre pour déboucher sur des lignes directrices européennes portant sur le système de protection des enfants et sur le fonctionnement de ce système. Parmi les thèmes prévus, ont été abordés la traite des enfants, les mutilations, les enlèvements etc.

Au cours de cette conférence, très peu a été dit à propos des enlèvements, sinon qu’il fallait favoriser la médiation. Nous avons aussi retenu que le nombre toujours croissant de couple binationaux est aujourd’hui estimé à 300 000 par an donnant lieu à 137 000 divorces ayant une dimension internationale (NdlR : seuls les mariages semblent avoir été comptabilisés). Rappelons à cet égard que Pierre-Yves Le Borgn a évoqué 50 000 mariages franco-allemands par an, dont un tiers aboutissent à un divorce et donne lieu à des décisions de « justice » sur la garde des enfants.

La deuxième journée, organisée en « workshops » (ateliers), était constituée de petites conférences qui se déroulaient simultanément et au cours desquelles, les orateurs ont répondu à une dizaine de questions.

Nous nous étions bien entendu inscrits à l’atelier « les enlèvements d’enfants » qui comptait une soixantaine de participants, ce qui n’est pas négligeable, surtout lorsqu’on sait que sur les 280 invités, tous ne s’étaient pas inscrits aux ateliers.

Parmi les 4 intervenants, deux représentants anglais et allemands ont dominé cette conférence pour nous parler du « bien » de l’enfant qu’il faut avant tout prendre en considération et de la médiation qu’il faut privilégier. Rien de bien nouveau dans ce domaine et le bon sens voudrait que nous approuvions tous ce point de vue.

Or, pour ne parler que du bien de l’enfant, si cette notion a été acceptée par les pays membres de l’Union européenne qui se sont engagés, sur la base d’une confiance mutuelle, sur le sens à lui donner, en réalité, au nom d’une souveraineté que chacun souhaite conserver en matière de droit de la famille, chaque pays membre est libre d’appliquer ce principe comme il l’entend.

C’est ainsi qu’on assiste à de graves dérives et que la Charte européenne des droits fondamentaux perd toute sa valeur et son utilité.

Question de Marinella Colombo :

L’intérêt supérieur de l’enfant constitue la préoccupation principale des tribunaux en cas d’enlèvement et plus généralement, en cas de séparation. Or par exemple, le juge italien et le juge français ont une idée de l’intérêt supérieur de l’enfant complètement différente de celle du juge allemand. Nous rencontrons énormément de cas dans lesquels le juge allemand considère que l’intérêt supérieur de l’enfant est de rester en Allemagne, de grandir en Allemagne et de vivre avec le parent allemand. Comment peut-on espérer trouver une solution ? Comment peut-on parler de médiation, de réglementation ? Comment peut-on continuer à parler de Droits des enfants si les enfants binationaux ont juste un Droit, celui d’être des allemands. On ne trouve nulle part une définition exacte de « intérêt supérieur de l’enfant », qu’est-ce que c’est ?

Réponse :

La convention de la Haye ne doit pas s’occuper du « welfare of the child » (NdlR : A notre avis, le bien-être de l’enfant), elle est faite pour une justice sommaire, rapide. Dans la convention on parle donc de « l’intérêt supérieur de l’enfant » parce que cela fait partie de l’objet général, mais elle ne demande pas au juge d’enquêter sur cela.

Question de marinella Colombo à l’association de médiation « MiKK » :

Vous avez parlé de poursuites pénales dans les cas d’enlèvements d’enfants et vous avez expliqué que dans le cadre d’une médiation, vous intervenez pour que le parent victime retire sa plainte, si il en a déposé une. Il est vrai, nous avons de nombreuses fois eu l’occasion de le constater dans les dossiers que nous avons eu à traiter, que vous demandez au parent étranger de stopper et retirer les poursuites pénales en cas d’enlèvement commis par le parent allemand. Mais qu’est-ce que vous faites dans le cas contraire, quand la justice allemande poursuit d’office pénalement le parent non-allemand ? Parce que vous savez que le parent allemand peut retirer sa plainte contre le parent non-allemand, mais la justice allemande continue les poursuites même sans l’accord du parent allemand. Vous ne pouvez donc pas stopper les poursuites pénales. Qu’est-ce que vous faites alors ?

Réponse de M. Michael Shotter du Cabinet de Mme Reding, commissaire à la Justice et aux Droits fondamentaux de l’Union européenne :

Ce n’est pas le thème de cet atelier. Nous nous occupons ici des questions civiles et non pénales.

Comprenne qui pourra.

En tout état de cause, nous avons trouvé très regrettable de constater que seuls les ressortissants de pays plutôt critiquables sur leur conception du bien-être de l’enfant ou dont la réputation n’est plus à faire à la Commission européenne des pétitions, fussent présents pour nous exposer la conduite à suivre en cas d’enlèvement.

Selon le droit allemand, est criminel le parent (père ou mère) étranger qui revendique son droit à voir ses enfants

Le lundi 14 octobre 2013 matin, Lionel Gilberti a été remis aux autorités allemandes parce qu’il avait décidé de ne plus payer une pension alimentaire pour ses enfants qu’il n’a plus revu depuis maintenant plus de deux ans. On pourrait trouver la situation comique si les conséquences n’étaient pas si graves, en découvrant que dans les faits, Lionel Gilberti, avant de prendre sa décision, avait spontanément payé une pension alimentaire dont le montant serait bien supérieure à ce qu’il aurait dû verser. Finalement, les autorités allemandes qui lui réclament 6 000 € devraient, en réalité, lui rembourser environ 18 000 €.

Pour plus de détail, les lecteurs pourront suivre ce lien parmi tant d’autres.

Une nouvelle rencontre au Parlement européen

Le 19 septembre 2013, à l’initiative de Marinella Colombo et des députés européens italiens que nous n’avons plus besoin de présenter et à qui nous exprimons encore et encore toute notre gratitude, une nouvelle rencontre a eu lieu dans les locaux du Parlement européen à Milan.


Article de La Rédaction, publié le 20/09/2013 dans Il patto sociale

Jugendamt et les mineurs binationaux : un problème ouvert et tant de questions

Le sujet a été traité au siège du Parlement Européen de Milan, lors d’un congrès auquel ont participé les députés européens Muscardini, Toia, Rinaldi et des parents qui ne réussissent plus à voir leurs enfants.

Milan, le 20/09/2013

Les droits des enfants. Qui en parle? Outre les textes officiels qui les ratifient, appartenant à l’ONU ou à l’Union Européenne, qui s’intéresse à vérifier si les droits des enfants sont respectés et si les institutions les garantissent? Nous avons également un garant national responsable de tels droits. Pourtant, est-il intervenu protéger les droits des mineurs à l’égard des tribunaux internes et des tribunaux allemands mettant en application les décisions du Jugendamt allemand? Et comment réagit l’Union Européenne au sujet des plaintes, qui s’élèvent désormais à des milliers, portées par des parents non-allemands qui ne réussissent plus à entrer en contact avec leurs enfants, enlevés par l’Allemagne et confiés aux parents allemands? La Convention de la Haye et le Règlement européen dit « Bruxelles II bis », de 2003, sur la compétence, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière matrimoniale et en matière de responsabilité parentale sont des textes prétendant défendre les droits des mineurs. Ces textes sont effectivement exhaustifs et bien faits. Néanmoins qui les respecte? Lorsque les décisions du Jugendamt contreviennent à certains principes juridiques européens ou nationaux, celles-ci sont justifiées par l’application du principe de subsidiarité reconnu à l’Allemagne en matière de droit de la famille. Cependant, ce droit ne rentre pas dans les compétences de l’UE. Qu’est-ce que les parents d’origine non-allemande font dans ce cas, lorsqu’ils sont discriminés par les procédures du Jugendamt? En tant que citoyens européens, à qui doivent-ils s’adresser si la Commission Européenne se déclare incompétente? Jusqu’où ira la tellement acclamée citoyenneté européenne? D’ailleurs, à quoi cela sert de l’appeler ainsi, si de toute façon, elle n’a aucune valeur à l’égard des tribunaux allemands qui agissent dans le cadre du droit de la famille. Quel est le sens de parler de citoyenneté européenne si les enfants enlevés par l’Allemagne à leurs parents étrangers ne peuvent plus parler la langue de leur parents et si ces derniers ne peuvent plus se rendre librement en Allemagne pour voir leurs enfants? Quel est le but du mandat d’arrêt européen utilisé par l’Allemagne contre les parents non-allemands dans le cas où ils ne rendent pas immédiatement l’enfant aux parents allemands? Pour quelle raison une cause civile de divorce ou de séparation devient soudainement une cause pénale pour le Jugendamt et pourquoi le parent étranger devient-il un délinquant qui doit être arrêté? Citoyenneté européenne, conventions européennes pour les mineurs, tribunaux pour mineurs qui agissent au nom du Jugendamt, tribunaux nationaux qui se chargent du sale travail pour le compte des tribunaux allemands, le non-respect de certains principes à l’égard des parents étrangers poursuivis par les tribunaux allemands, aucune traduction de documents, comme cela arrive cependant en Italie et dans d’autres pays civils. Pendant les procès, uniquement l’allemand est utilisé. Les anomalies subies, les discriminations souffertes ainsi que les humiliations inexprimables ont été rapportées par dizaines. Quant aux enfants? Les avons-nous écoutés? Interrogés? Leur avons-nous demandé s’ils voulaient vivre en Allemagne ou dans le pays du parent non-allemand? Qui a demandé l’avis des enfants de madame Marinella Colombo, lorsqu’on est allé les enlever par la force, à l’insu de leur mère, dans leur école de Milan? Est-il possible d’accepter un tel comportement de la part d’un système judiciaire qui agit dans un pays considéré comme civil et démocratique? Et quant aux droits des enfants, qui s’en charge? Ce sont les nombreuses questions et les divers sujets traités le 19 septembre dernier lors d’un congrès organisé, auprès du siège de Milan du Parlement européen, par les députés européens Cristiana Muscardini, Patrizia Toia et Niccolò Rinaldi. Y a participé un public nombreux, intéressé par la question du Jugendamt, ainsi que beaucoup de parents étrangers qui ne voient plus leurs enfants depuis des mois ou des années, car ils ont été enlevés « légalement » et pour leur « bien » par l’Allemagne aux dépens de tous les principes de la citoyenneté européenne. Que peut-on faire? Parler du problème et sensibiliser l’opinion publique, surtout à l’occasion des élections européennes du mois de mai prochain, afin de faire comprendre à l’Allemagne que si elle n’est pas en mesure d’empêcher ces « anomalies » juridiques et ces conduites qui provoquent des souffrances indicibles aux enfants et à leurs parents non-allemands, le comportement du Jugendamt finira par éloigner les citoyens d’Europe.

L’article a été bénévolement traduit de l’Italien vers le Français par Ramona Leahu, enseignante et traductrice que nous avons contactée sur le site Freelang.

Bruxelles : Rencontre des membres du Commissariat de Viviane Reding

Samedi 6 juillet 2013 au soir, nous prenons connaissance d’un courriel qui nous informe que la veille, suite à de nombreuses sollicitations, cinq députés européens italiens dont certains étaient déjà présents à la conférence au Parlement européen à Strasbourg, venait d’obtenir une entrevue, en présence des parents d’Enfants Otages, avec Viviane Reding, Commissaire européenne à la Justice, aux Droits Fondamentaux et à la Citoyenneté.

« La rencontre se fera mardi 9 juillet à 17 heures 30 au Parlement à Bruxelles. Qui peut venir ? ». Inutile de préciser qu’en si peu de temps, personnes ne pouvait s’y rendre, sans compter que l’heure de la rencontre imposait que l’on trouvât également où dormir. Or, les parents d’Enfants Otages sont également considérablement appauvris. Les procédures au tribunal des affaires familiales en Allemagne sont toujours très longues (suffisamment longues pour ensuite prétendre que l’enfant serait traumatisé si il quittait l’Allemagne) et outre le Jugendamt, nécessitent toujours de nombreux intervenants qu’il faut naturellement payer : avocats pour garantir les intérêts de l’enfant, psychologues… Mais le bien-être de l’enfant n’a pas de prix… [1]

Bref, pour tout de même attester de notre présence, nous avons en urgence demandé aux parents d’Enfants Otages que nous avons réussi à joindre en si peu de temps, d’adresser des lettres à Madame Reding, qui lui ont été remises par deux parents qui ont pu se déplacer, Joël Peretz (Israël) et Marinella Colombo (Italie). Une Trentaine de lettres de parents italiens et français ont ainsi été remises à Madame Reding et il a été difficile aux membres de son cabinet de prétendre que « nous sommes des cas isolés ».

Nous vous laissons maintenant apprécier la valeur du soutien que nous apportent ces cinq eurodéputés italiens en lisant ces différents communiqués que la presse italienne a relayés et que nous avons traduits du mieux que nous avons pu.

Liste des communiqués :

Multo grazie a

Cristiana Muscardini Vice Presidente della Commissione per il Commercio internazionale del Parlamento Europeo,

Roberta Angelilli Vice-presidente del Parlamento Europeo,

Erminia Mazzoni Presidente della Commissione Petizioni del Parlamento Europeo,

Niccolo Rinaldi Vice-Presidente dell’ Alleanza dei Democratici per l’Europa,

Patrizia Toia Vice-Presidente Gruppo dell’ Alleanza Progressista dei Socialisti & Democratici al Parlamento Europeo.


[1] A titre d’exemple, une expertise psychologique qui révèle en général au parent non allemand qu’il est alcoolique et violent (pour les pères) ou fou, incapable d’élever un enfant (pour les mère) peut coûter 5 000 €. Heureusement, ces frais sont à partager entre les deux parents, enfin, c’est ce qu’on nous dit, car si le parent allemand a connaissance de tous les revenus et toutes les dépenses du parent non allemand, l’inverse n’est pas vrai.