Article écrit par Marinella Colombo paru le 17/02/2021 dans « Il Pattto Sociale, Informazione Europea »: https://www.ilpattosociale.it/rubriche/achtung-binational-babies-missione-o-massacro/?fbclid=IwAR1RTTUZC4F2ukFkM-DkmKVRCyUreSMm2suizgsJcqphjQ2YCozR6Yero8Y
Un déménagement en Allemagne peut transformer un avancement professionnel en un cauchemar de perte d’enfant.
Dans les articles précédents de cette rubrique, nous avons souligné à plusieurs reprises que les enfants binationaux ayant un parent allemand et un parent étranger, dans notre cas italien, sont toujours placés chez le parent allemand, même si ce parent est manifestement inadapté. Si, bien qu’ils vivent en Allemagne, les deux parents ne sont pas allemands, la garde sera confiée à celui qui a l’intention de rester en Allemagne et qui est le plus attaché à la langue, à la mentalité et à la culture de ce pays. Si aucun d’entre eux ne remplit les conditions requises, l’enfant est confié, à court ou moyen terme, à l’une des familles d’accueil sélectionnées par le Jugendamt, l’administration de la jeunesse (allemande) désormais bien connue.Toutes les initiatives sont revêtues d’une bonne dose de légalité, puisque chaque décision est prise, comme l’indique la loi, tant allemande qu’internationale, au nom du « bien de l’enfant » (Kindeswohl). De toute évidence, aucune autorité non allemande – les autorités italiennes brillent malheureusement par la solitude dans laquelle elles laissent souvent leurs compatriotes – ne s’est jamais donné la peine d’enquêter de manière approfondie et sur la base de preuves et d’indices, sur ce en quoi consiste ce Kindeswohl. Elle consiste à permettre à l’Allemagne de prendre possession de tout enfant qui a résidé pendant au moins six mois sur son territoire. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la situation s’aggrave. Le transfert que l’employeur propose, ou même la mission à l’étranger à laquelle certains soldats de l’État italien sont appelés, peut transformer la reconnaissance et la gratification en le pire cauchemar de leur vie. Cela peut arriver – et cela arrive ! – que le soldat qui se déplace avec sa femme et ses enfants retourne en Italie, après 3-4 ans, à la fin de la mission, dépouillé de tous ses droits envers ses enfants et également dépouillé de ses biens qu’il a dû laisser à sa désormais ex-femme qui veut rester en Allemagne. Les accusations portées contre le parent italien, en général le père dans ces cas-là, n’ont pas besoin d’être prouvées devant le juge allemand et ont pour conséquence son éloignement de la maison et des enfants. L’avocat en Allemagne – malheureusement presque tous ceux qui résident dans ce pays avec la nationalité italienne ou qui connaissent notre langue – non seulement ne défend pas efficacement son client, mais va jusqu’à dire : « Vous allez rentrer en Italie, votre femme veut rester ici et est libre de le faire, alors que l’enfant y est maintenant habitué et ne peut pas être déraciné, l’enfant est maintenant allemand, il restera en Allemagne ». Il va sans dire que nous parlons d’enfants entièrement italiens, ou en tout cas sans une seule goutte de sang allemand. Décrire les sentiments qui envahissent l’âme d’un parent qui entend une explication similaire, d’ailleurs par son avocat, ne serait pas suffisant pour cet article. Si l’attitude des autorités allemandes est inacceptable, la réaction italienne l’est, si possible, encore plus : l’État italien, que le soldat est allé représenter et servir en Allemagne, non seulement ne soutient pas son concitoyen, non seulement n’empêche pas en mettant en garde contre le danger ceux qui ne sont pas encore partis, mais ne soutient pas ceux de ces parents qui essaient, malheureusement seuls, de ne pas perdre ce qui leur est le plus cher dans la vie, leurs enfants. Non seulement les tribunaux allemands considèrent ces enfants italiens comme allemands, mais même les tribunaux italiens, qui restent territorialement compétents pour de nombreux aspects des problèmes familiaux, trouvent beaucoup plus « commode » de déléguer aux tribunaux allemands même pour les aspects juridiques qui, selon les règlements européens, restent sans équivoque de compétence italienne. Ceux qui contactent les Consulats et Ambassades, au moins pour les informer des distorsions et abus subis, sont liquidés par des lettres de circonstance dans lesquelles un élément revient toujours : le côté allemand a raison, nous sommes des invités ici, le consulat ne peut pas intervenir dans les affaires juridiques, etc…
Il est évident que personne ne s’attend ou n’espère à une ingérence politique dans les tribunaux. Mais nous attendons d’eux qu’ils fassent ce pour quoi le personnel italien à l’étranger est payé : soutenir et soutenir leurs concitoyens, demander et exiger des informations précises et détaillées aux autorités locales, être présents aux audiences, affirmer le rôle du Consul en tant que juge tutélaire de l’enfant, etc. Bien entendu, nous attendons également une explication publique et officielle du fait que dans le bureau du consulat chargé des questions sociales et familiales, des citoyens allemands sont employés comme chefs de bureau. Certains peuvent avoir le sentiment désagréable qu’ils ne sont pas l’aide la plus appropriée.
