La psychologie juridique du nom de famille allemand

Article de Marinella Colombo, publié le 15/09/2015 dans Il Patto Sociale

Dans les précédents articles de cette rubrique, nous avions abordé les différents aspects inhumains du droit de la famille allemand.

Par exemple, nous avions vu comment, dans le cas de parents non mariés, la mère allemande pouvait changer le nom de famille de l’enfant, ceci sans même se rendre au tribunal, même si le père italien [NDT : français] avait auparavant reconnu son fils, lui ayant donné son nom de famille.

L’histoire qui nous occupe aujourd’hui est cependant encore bien plus incroyable, ainsi que véritablement emblématique de la manière dont le système allemand couvre tous les abus et les violations des droits de l’enfant sous prétexte d’agir au nom du « bien de l’enfant ». C’est l’histoire d’une citoyenne non-allemande, mère de deux enfants binationaux. La femme, n’étant pas mariée et ayant ainsi le pouvoir parental exclusif, pour le bien de ses enfants, un garçon et une fille, décide de partager ce droit avec son partenaire, qui est le père des enfants. Mais bientôt, la relation prenant fin, le père, de manière rusée, laisse la mère rentrer dans son pays avec leur petit garçon, et garde la petite fille avec lui en Allemagne. A partir de cet instant, pour faire obstruction à la relation mère-fille, le père renonce à tout contact avec son fils. Ainsi passent les années, pendant lesquelles la mère, inquiète pour sa fille, mais aussi concernant la perte de contact entre le frère et la sœur, et entre le fils et son père, essaie de maintenir un lien, ne fusse que téléphonique. Entretemps, le père a épousé une femme allemande et a pris son nom de famille, renonçant au sien propre. Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, la situation est donc que le frère et la sœur portent le nom de famille de la mère, donc un nom de famille étranger, non allemand, tandis que le père porte le nom de la femme qu’il a épousée.

La loi allemande stipule que en cas de responsabilité parentale conjointe – et c’est bien ce dont il s’agit ici –  il n’est pas permis de changer le nom de famille de l’enfant si ce n’est avec l’accord des deux parents, mais …. Il y a toujours un « mais ». D’une part il y a la loi, et de l’autre son application, et surtout nous avons ici un parent allemand et un parent étranger. Dans ces cas, la loi se voit toujours pervertie dans son application. L’accord du parent qui ne veut pas que le nom de famille de l’enfant soit changé, peut en fait être remplacé par la décision du juge qui autorise un changement de nom s’il est conforme au « Kindeswohl », « le bien de l’enfant » selon l’Allemagne.

Pour les personnes peu au fait du système allemand, cela semble pour le moins invraisemblable. Et pourtant, pour la justice allemande, porter un nom de famille étranger sera toujours nuisible.

De plus, il est certainement conforme au « bien de l’enfant » selon l’Allemagne, que deux frère portent deux noms de famille différents, et surtout que l’enfant porte le nom de la femme qui a épousé son père et non celui de sa mère.

Et il y a plus encore.

Les Allemands, qui semblent devoir donner l’impression d’exceller dans la protection des mineurs, même en perpétrant des actes de ce acabit, se donnent même la peine de donner une « couverture » psychologique à ces abus : pour être certain de gagner l’affaire, le père doit tout simplement se munir de la déclaration d’un psychologue qui attestera que l’enfant, qui fréquente l’école primaire, souhaite changer son nom de famille, car le nom de famille étranger lui cause de l’embarras, et qu’avec un rapide changement du nom de famille, sa vie sera beaucoup plus paisible. C’est ainsi qu’agit le père dont il est question ici. Il semblerait que même  les enseignants et le psychologue scolaire pensent comme lui et le soutiennent. Psychologie allemande.

Traduit de l’italien par Lucile

Isabelle Soukiassyan et son association, un espoir pour les enfants « otages » en Allemagne

Article de Jérôme Rivet, paru le 01/07/2015 dans La Dépêche

Isabelle dans les bras de son papa Armen fin avril au domicile de ses grands-parents avec Jocelyne Courtois, fidèle soutien de la famille durant ce combat de 4 ans pour ramener la fillette d’Allemagne. / DDM, J.R.

En avril dernier, après quatre années d’un bras de fer juridique entre France et Allemagne, la petite Isabelle Soukiassyan retrouvait les bras de son père Aremn à Albi. Jocelyne Courtois, fidèle amie de la famille Soukiassya, a voulu parler à La Dépêche du Midi de l’association « Enfants Otages » qu’elle a rejoint et des possibilités offertes par le retour d’Isabelle pour les milliers d’autres enfants binationaux toujours retenus illicitement en Allemagne.

Jocelyne Courtois, parlez-nous « d’Enfants Otages » ?

Cette association, dont le siège est à Rouen, est présidée par Alain Joly. Elle regroupe des parents souvent privés de leurs enfants depuis plusieurs années, retenus en Allemagne et qui ont choisi de se rassembler pour défendre l’intérêt supérieur des enfants et préserver leurs droits fondamentaux dans l’Union européenne.

Vous êtes devenue la secrétaire de l’association ?

Pendant quatre ans, j’ai aidé mon ami Armen Soukiassyan à récupérer sa petite Isabelle qui avait été enlevée par sa mère qui a fui l’Allemagne. À son retour en avril dernier, j’ai pris contact avec cette association pour aller plus loin.

Pourquoi ?

Parce que nous avons tous compris que nous devions nous battre contre un système bien organisé, un mécanisme juridique bien huilé dont la seule finalité est d’enlever les enfants binationaux lors de la séparation de couples mixtes au profit de celui des deux parents, qu’il soit père ou mère, qui offre la meilleure garantie que l’enfant restera sur le sol allemand et qui permettra une germanisation.

Concrètement, comment ce système se matérialise-t-il ?

Lorsque cette mécanique se met en fonctionnement, c’est-à-dire que la justice et les services de l’administration en charge des affaires familiales allemandes ont connaissance d’une telle situation, dans tous les cas ou presque comme celui d’Isabelle Soukiassyan, le parent non allemand est progressivement écarté de son ou ses enfants qui ne pourront plus quitter le territoire allemand.

N’est pas exagéré de sous-entendre que l’objectif du système allemand est sous une « apparente légalité » d’enlever les enfants binationaux ?

Non, dans les cas de séparation de couples binationaux dont l’un des parents est allemand, c’est toujours le parent allemand qui obtient la garde des enfants. Même lorsque les enfants enlevés vers l’Allemagne ne sont pas nés et n’ont pas vécu en Allemagne, que le tribunal compétent est le tribunal du pays de résidence de l’enfant avant l’enlèvement, le système allemand va tout mettre en œuvre pour que le tribunal allemand devienne compétent pour traiter l’affaire et empêcher le retour de l’enfant dans son pays d’origine.

C’est précisément le cas d’Isabelle Soukiassya ?

Oui, le tribunal allemand de Hamm a tenté de détourner la finalité du droit européen applicable dans cette situation pour rendre l’enlèvement et la résidence en Allemagne d’Isabelle légaux. Il n’a pas immédiatement renvoyé Isabelle chez son père en France comme le prévoit le règlement « Bruxelles II ». Pour cela, tout en affirmant à son père que la mère avait bien enlevé l’enfant, la justice allemande a profité de la méconnaissance de la langue de Goethe d’Armen et du système scolaire allemand. Ils ont attribué le droit de garde à Armen Soukiassyan tout en fixant des droits de visite à la mère qui ont permis de scolariser Isabelle en Allemagne. Plus le temps a passé et plus la justice allemande évoquait une parfaite intégration de la fillette en Allemagne et un possible traumatisme en cas de retour en France.

Est-ce le cas depuis avril ?

En aucun cas. Isabelle parle à nouveau français. Elle a retrouvé une scolarité normale à l‘école Parmentier. Elle est heureuse avec son père et ce dernier revit à ses côtés. La petite peut parler via Skype à sa mère. Tout se passe très bien.

Mais pourquoi tout le monde laisserait faire ce système sans bouger ?

Là, je ne sais pas. J’imagine simplement qu’on a peur de mettre nos « amis » allemands en colère. C’est d’ailleurs ce que nous a fait comprendre le consulat de France en Allemagne. Malheureusement, dans ces histoires d’enlèvements d’enfants qui relèvent plus de la politique que de la justice, ce sont des milliers de vies familiales brisées.

Avec « Enfants Otages », d’autres enfants pourraient espérer recouvrer la liberté après Isabelle ?

Contrairement à ce que l’on peut penser, l’intérêt supérieur de l’enfant n’est pas seulement menacé dans les pays tiers de l’Union européenne. L’association est aujourd’hui essentiellement franco-italienne mais « Enfants otages » a déjà eu à venir à venir en aide à des parents espagnols et polonais.

Qui vous aide ? Comment fonctionnez-vous financièrement ?

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes sensibles à notre cause nous aident activement ou financièrement. Nous avons également le plaisir de compter maintenant dans nos rangs André Bamberski (lire ci-contre). Son vécu et son expérience du système judiciaire nous seront très utiles.

Quels sont les besoins spécifiques de l’association dans l’immédiat ?

Nous avons particulièrement besoin de spécialistes du droit européen, du droit familial, du droit international, de traducteurs et/ou d’interprètes, de psychologues pour permettre à d’autres Isabelle de retrouver leurs parents.


Bamberski en soutien

Cet homme a lutté pendant plus de trente ans pour faire juger le responsable du décès de sa fille, Kalinka, retrouvée morte en 1982 alors qu’elle n’avait que 13 ans.

Les soupçons du père se sont toujours portés sur Dieter Krombach, le beau-père de Kalinka. Le Toulousain a fini par faire enlever le médecin allemand en 2009 pour qu’il soit jugé en France. Dieter Krombach a été condamné définitivement à 15 ans de réclusion en 2014.

Et André Bamberski a un an de prison avec sursis pour l’épisode de l’enlèvement.

Après 18 mois de combat, Isabelle Soukiassyan enfin dans les bras de son papa

Un peu tardivement,  » Enfants Otages » vous annonce qu’Isabelle a retrouvé son père le 24 avril 2015.

Après une escale en Belgique où elle a aussi de la famille, ce fut avec beaucoup de bonheur que ses grand parents à Albi, ont pu à nouveau serrer leur petite fille dans leur bras.

C’est une belle victoire plutôt encourageante, mais cela ne signifie rien. La conception allemande de l’intérêt supérieur de l’enfant n’a pas changé, les allemands ne font toujours pas d’enfants, le « Jugendamt sévit toujours et l’attitude de l’Allemagne ne nous permet pas d’être optimistes.

Bien entendu, la maman d’Isabelle peut appeler sa fille autant qu’elle le souhaite et il est déjà prévu qu’elles se voient sur skype le dimanche de 17h à 18h.

Merci à France 3 et à La Dépêche qui a suivis et soutenu la famille d’Isabelle.

Le juge et la fraude

Traduction libre d’un article paru en italien sur le site Il Patto Sociale

J’ai rencontré Armen, un papa désespéré privé de sa fille, même s’il n’a rien fait de mal. Bien au contraire, il est lui-même victime.

Armen est un parent non allemand de plus parmi tant d’autres, dont l’enfant a été enlevé vers l’Allemagne qui le garde en otage. Encore donc un enlèvement d’enfant que l’Allemagne transforme en déplacement licite, même si c’est bien évidemment surtout les enfants germanisés par la force qui en payent toujours et encore les plus graves conséquences. Les parents qui résident à l’étranger (hors de l’Allemagne) sont eux, seulement privés de leur raison de vivre et ruinés.

Dans cette affaire, il s’agit d’un papa, mais il aurait également pu s’agir de l’une des nombreuses mamans à qui on a aussi enlevé les enfants. Le sexe ou la nationalité du parent victime n’est pas important. Le système allemand protège à tout prix celui des deux parents qui est en mesure de garantir qu’il restera en Allemagne, garantissant de fait, que l’enfant ne quittera pas le territoire allemand. Cet enfant sera par la suite éduqué avec la mentalité allemande et la « Weltanschauung » (la vision du monde) du peuple allemand.

L’histoire d’Armen qui s’est aujourd’hui transformée en une véritable fraude juridique, avait commencé comme une belle histoire d’amour.

Au début, Armen et Liana ont fait connaissance. Ils sont tombés amoureux et se sont mariés. Ils ont eu une petite fille, Isabelle, née en France le 2 novembre 2006.

Mais en 2010, la mère abandonne une première fois le domicile conjugal avec l’enfant. Armen finit par les retrouver et les ramène à la maison. Mais malheureusement, il n’y a plus d’harmonie dans le couple qui divorce en 2012.

Préoccupé par le bien-être de l’enfant, le juge qui a prononcé le divorce aux torts exclusifs de Liana, a malgré tout ordonné une résidence alternée, afin de préserver les relations entre l’enfant et ses deux parents. La résidence est fixée dans la ville où la famille vivait avant la séparation. Le juge précise également qu’aucun des deux parents ne peut quitter le territoire français avec Isabelle sans l’accord de l’autre.

Une courte période de tranquillité succède au divorce, mais ce n’est que le calme avant la tempête.

En juillet 2012, Liana s’enfuit à nouveau avec l’enfant, mais cette fois-ci, en Allemagne. Dès lors, il ne s’agit plus d’un « banal » enlèvement. C’est pour Armen le début d’un cauchemar qui n’est toujours pas terminé et qui, comme pour tant d’autres parents, ne se terminera certainement jamais.

Il s’agit là d’un cauchemar dans lequel toutes les valeurs, les concepts et les principes de justice et d’équité sont détournés. Armen découvre un monde qui marche sur la tête, dans lequel justice, politique et économie se mélangent. C’est également pour Isabelle, son entrée dans un monde qui est aussi une prison, la prison dorée germanique, dont aucun enfant ne peut sortir. Tout cela, parce que l’Allemagne a besoin de tous les enfants et parce qu’elle détourne toutes les lois conventions et règlements internationaux, pour servir ses propres intérêts démographiques et économiques.

Armen qui respecte les lois et les règlements, entame une procédure pour obtenir le rapatriement de sa fille, juste après son enlèvement. Malgré tout, l’audience qui doit ordonner le retour de son enfant en France se tient presqu’un an après sa demande de retour. Armen se confronte

alors pour la première fois à la machine infernale des administrations allemandes. C’est cette première audience qui enlèvera à jamais la fille d’Armen à son insu.

Armen n’est pas allemand. Il ne parle pas l’Allemand. Son ex-femme, elle non plus n’est pas allemande, mais leur fille intéresse l’Allemagne qui ne la laissera plus repartir.

Comment cela est-il possible puisqu’on nous dit tout le temps que « l’Allemagne est un pays de droit européen » ?

Ceci est possible parce que l’Allemagne utilise son droit, les textes internationaux qu’elle a ratifiés et son code de procédures, pour légaliser tout enlèvement et conserver tous les enfants qui arrivent de l’étranger.

Pour comprendre, examinons le cas d’Armen et de sa fille Isabelle.

En juillet 2013, Armen se rend en Allemagne, à l’audience au cours de laquelle, on décidera, enfin le croit-il, le rapatriement de sa fille.

Armen est défendu par un avocat allemand. Mais cet avocat, comme tous les avocats allemands et comme nous le verrons plus tard, défend les intérêts de la communauté allemande et non pas ceux de son client étranger. De plus, Armen qui ne parle pas l’Allemand ne peut pas communiquer avec son avocat qui ne parle que l’Allemand, même s’il a été choisi par l’autorité centrale [1] de Bonn.

Pour sauver les apparences, on met également un interprète à la disposition d’Armen, mais cet interprète ne traduit que des bribes de ce qui se dit [2].

A l’audience, contre l’ »étranger », il y a bien entendu son ex-femme, mais également un représentant du Jugendamt (administration étatique pour la jeunesse) et un verfahrensbeistand (un contrôleur d’Etat de la procédure).

Ces personnes présentes à l’audience sont là, officiellement pour « protéger les intérêts de l’enfant « . En réalité, elles participent aux débats au nom de l’Etat et sont parties prenantes, au même titre que les parents. Elles défendent la conception allemande de l’intérêt supérieur de l’enfant qui est de le faire grandir en Allemagne.

Comme tous les parents qui sont confrontés pour la première fois à ce système, Armen ne sait pas tout cela. Seuls les parents qui ont vécu cette expérience destructrice dont beaucoup ne se relèvent jamais, savent ce qu’il endure et ce qu’il devra endurer.

Cette première audience commence donc dans le cadre d’une procédure dont tout le monde à l’exception d’Armen, connaît le dénouement. La discussion en Allemand est très animée et le juge finit par décider une pause durant laquelle, on en profite pour dire à Armen qu’on pourra trouver un accord et qu’on compte sur sa coopération.

Mais la phrase « On a pu trouver une base pour un accord » qui figure dans la décision allemande signifie en réalité qu’on a trouvé la manière en apparence légale, de ne plus renvoyer Isabelle en France.

En effet, le juge allemand a eu connaissance qu’Armen qui détient un droit de garde commune avec la mère, vient de demander, d’une façon tout à fait légale, au juge français qui est compétent dans cette affaire, de lui accorder la garde exclusive de sa fille. Avec cette information, le juge allemand vient de trouver le moyen de gagner du temps et de faire traîner la procédure de retour. On demande l’approbation d’Armen pour terminer l’audience sur un accord qui reconnaît que la résidence habituelle d’Isabelle reste la France, que la mère s’est bien rendue coupable d’un enlèvement et que les deux parents s’engagent à respecter la décision du juge français à venir.

Cet accord précise également que l’enfant gardera des contacts avec ses deux parents et à cette fin, on fixera un droit de visite pour la mère, en attendant la décision du juge français.

Mais ce qu’Armen ne sait pas et qu’il découvrira trop tard en France, lorsqu’il recevra la décision écrite du tribunal qu’il aura faite traduire à ses frais, c’est que le droit de visite de la mère dont les date sont indiquées avec une très grande précision, fixent des périodes de résidence chez la mère en Allemagne de deux à trois mois et de temps en temps, de courts séjours d’une semaine en France, où la résidence habituelle d’Isabelle a été reconnue. Ce qu’Armen ne sait pas non plus, contrairement au juge et à tous les autres intervenant, son avocat compris, c’est que les quelques semaines de séjour en France qui ont été fixées correspondent aux périodes de vacances scolaires en Allemagne.

Ainsi, tout le système juridique allemand (juge, avocats de la mère et d’Armen, Jugendamt et verfahrensbeistand) a travaillé pour qu’Isabelle soit scolarisée en Allemagne et qu’elle vive en Allemagne, tout en prétendant officiellement que la mère ne détient qu’un droit de visite.

Dès cet instant, les « fondements » sont posés pour légaliser plus tard et sans accrocs l’enlèvement d’Isabelle par sa mère.

Quand le juge français attribue ensuite la garde exclusive à Armen et de fait, décide qu’Isabelle doit vivre auprès de son père, le tribunal allemand saisi par la mère d’Isabelle, ne reconnaît pas cette décision et gagne encore du temps grâce aux différents recours possibles. Un temps très important pour établir la résidence permanente d’Isabelle en Allemagne.

Par ailleurs, lorsque la décision du juge français est connue, la mère n’envoie plus Isabelle chez son père, cassant ainsi l’accord qu’elle s’était engagée à respecter au cours de l’audience précédente.

Armen dépose alors une seconde demande de retour et le même tribunal qui l’avait poussé à signer l’accord décrit plus haut, statue avec une décision qui nous révèle la fraude et une des méthodes utilisées par l’Allemagne pour détourner la loi de sa finalité initiale.

En effet, lors de la deuxième demande de retour, le juge allemand reconnaît, en totale contradiction avec sa première décision, que le jugement français attribuant la garde exclusive à Armen n’était pas nécessaire au retour d’Isabelle en France. Que la décision française d’attribution de la garde exclusive ait été reconnue ou non en Allemagne n’avait donc aucune importance. En revanche, on a perdu beaucoup de temps et beaucoup d’argent est entré dans les caisses allemandes, sans aucun respect pour les conventions internationales qui précisent que les procédures de rapatriement devraient être rapides et gratuites.

Le juge allemand traite ensuite la question de la résidence habituelle de l’enfant.

Certes, il avait reconnu que la résidence habituelle d’Isabelle était en France, mais il savait que la Convention de La Haye définissait la résidence habituelle de l’enfant comme le lieu où il vivait juste avant son enlèvement. Or, la nouvelle procédure de demande de retour a été ouverte au moment où la mère a décidé de ne plus envoyer Isabelle chez son père, c’est-à-dire, après qu’elle a été scolarisée en Allemagne, soit après la recommandation du juge allemand d’attendre la décision du juge français sur la garde. Il est dès lors possible pour le juge allemand de déclarer que la résidence habituelle d’Isabelle est l’Allemagne et non plus la France.

De leur côté, le Jugendamt et le Verfahrensbeistand déclarent que l’enfant est maintenant bien intégrée en Allemagne, qu’elle est heureuse dans le meilleur des mondes possibles et qu’elle grandit bien dans sa nouvelle famille.

En effet, la mère s’est remariée avec un allemand et a ainsi donné à l’Etat allemand, la garantie qu’elle voulait rester en Allemagne et qu’Isabelle resterait dans ce pays.

Le jeudi 19 mars 2015, Armen s’est encore rendu en Allemagne, pour assister à l’audience qui a eu lieu parce qu’il avait interjeté appel de cette décision.

Malgré ses suppliques, malgré les différents courriers et appels téléphoniques de la Sénatrice et du député des Français établis à l’étranger, Armen n’a pu bénéficier du soutien du Consulat dont la seule préoccupation était de ne pas indisposer nos amis allemands.

Toutefois, nous n’avons pas baissé les bras et nous avons fait tout ce que nous avons pu pour dénoncer cette nième fraude allemande. Espérons que la décision qui devrait être notifiée à Armen dans les tous prochains jours sera conforme à ce que le juge lui a laissé entendre.

Nous avons toutefois déjà prévenu Armen qu’il est aussi courant que les décisions écrites allemandes soient complètement contraires à celles que les parents non allemands, tranquillisés au sortir du tribunal, s’attendent à recevoir.


[1] Ce département du ministère de la justice qui assure la communication avec les services équivalents des autres états et qui gère donc les demandes de rapatriement des enfants victimes d’enlèvement.

[2] Plus tard, l’interprète avouera même à Armen que les termes juridiques sont pour lui très difficiles à traduire.

Encore un enfant sacrifié sur l’autel de l’amitié franco-allemande

Le 19 mars 2015, Armen  Soukiassyan devra affronté, seul, la « justice » allemande. Comme tous les parents non allemands, il se fera probablement humilier pour finalement s’entendre dire que sa fille Isabelle deux fois enlevée par sa mère, doit pourtant pour son bien, rester en Allemagne.

Encore une fois, l’Allemagne a exploité les failles (le bien de l’enfant et la confiance mutuelle entre les pays membres) de la Convention de La Haye et du Règlement européen dit « Bruxelles II bis, pour en détourner la finalité : le retour immédiat de l’enfant enlevé dans son pays de résidence.

Encore une fois la « justice » allemande a refusé de reconnaître la décision d’un tribunal non allemand.

Encore une fois, un ressortissant français est abandonné par les autorités françaises au nom de l’amitié franco-allemande.

Encore une fois, un enfant a été sacrifié au nom de cette sacrosainte amitié.

Drôle d’amitié en vérité que cette amitié où l’un des amis se permet tout et l’autre ne dit rien pour ne pas heurter sa susceptibilité.

Lorsqu’il s’est agi de protéger un ressortissant allemand, le Dr Krumbach, violeur et assassin de la fille d’André Bamberski, les hauts responsables allemands se sont-ils inquiétés de ne pas heurter la susceptibilité de notre justice lorsqu’ils ont envoyé leur ambassadeur tenter d’influencer le président de la Cour ? Helmut Schmidt a-t-il eu mauvaise conscience lorsqu’il a appelé François Mitterand pour « un échange de service » ?


Article de Jérôme Rivet, paru le 12/03/2015 dans La Dépêche

Retenue en Allemagne : il faut un miracle à Armen pour rapatrier sa fille de 8 ans, Isabelle

Jeudi prochain, un juge allemand du tribunal de Hamm se prononcera sur le rapatriement ou non de la petite Isabelle Soukiassyan à Albi chez son père Armen à qui la justice française a accordé l’autorité parentale unique et fixé la résidence chez son papa depuis le 28 décembre 2013.

Armen Soukiassyan se bat avec acharnement depuis près de quinze mois pour revoir son enfant. Ce père de famille saura cet après-midi s’il est autorisé à voir sa fille sous conditions ce week-end et la semaine prochaine dans les environs de Hamm.

« Une personne du service d’aide social à l’enfance allemand, le Jugendamt, a proposé qu’ils puissent éventuellement se voir mais sous surveillance, précise Jocelyne Courtois, une amie d’Armen qui l’assiste dans toutes ses démarches. Par ailleurs, elle a indiqué qu’il y avait un risque de traumatisme pour la fillette car elle n’a pas vu son père depuis longtemps. Ce serait risible si ce n’était vrai. »

En attendant ces possibles retrouvailles éphémères, Armen se contente de dialoguer depuis des mois avec Isabelle via Skype à raison de deux fois quinze minutes par semaine les mardis et jeudis. « Ce sont de maigres instants de bonheur dont il est obligé de se contenter alors qu’il a l’autorité parentale unique, décrit Jocelyne Courtois. La petite fait des dessins à son père. Elle voudrait le voir. En revanche, petit à petit, elle ne parle plus à son père en français ni en arménien mais en allemand. »

Jeudi prochain, défendu par un avocat allemand commis d’office qui leur coûte un bras à chaque audience et assisté par un interprète qui ne maîtrise pas le dossier, ce père albigeois se rendra dans l’arène, comme beaucoup d’autres pères et mères français et étrangers avant lui, pour faire valoir ces droits d’autorité parentale unique sur sa fille de huit ans reconnus par la justice de son pays mais piétinés par celle du voisin germanique.

« La semaine prochaine, il espère toujours le retour d’Isabelle et ce sans contrepartie car il en a la garde, confie Jocelyne Courtois. Isabelle a quand même fait l’objet d’un enlèvement par sa mère condamné par la justice française. »

La chance serait la présence du consul de France qui. ne sera pas là.

Dans leur parcours du combattant, les Soukiassyan ont reçu le soutien de Marinella Colombo, journaliste italienne au Parlement européen, qui a subi le même calvaire. « Je n’ai pas revu mes deux enfants âgés de 12 et 16 ans depuis quatre ans. Ils sont retenus en Allemagne par mon ex-mari. Ce pays détourne les règlements européens de façon apparemment légale. Il faut savoir que depuis la chute du mur de Berlin en 1989, pas un seul enfant étranger kidnappé par le conjoint allemand n’a été renvoyé à l’étranger. Le code de procédure allemand permet à une décision de ne jamais devenir exécutoire pas même par la force. En clair, si la justice ordonne un rapatriement. La police va à l’adresse de l’enfant une ou deux fois. Et puis plus rien. Pour le cas d’Isabelle, ça va être dur. Ils ont gagné du temps pour faciliter son intégration et refuser tout retour à son pays d’origine sous ce prétexte. La seule chance pour aider Armen serait la présence du consul de France. L’Allemagne rend ce kidnapping légal et c’est toujours comme ça. »

Réponse de l’État français à un de ses ressortissants en détresse. « Il n’apparaît pas judicieux d’assurer une présence consulaire aux côtés de M. Soukiassyan au tribunal. Une telle présence risquerait d’être contre-productive car mal vécue par la justice allemande (d’une part c’est un État de droit européen ; d’autre part nous ne participons jamais aux audiences en matière de droit de la famille en Allemagne). » (note de l’Association : plus bas notre intervention auprès du Consulat)

En clair et pour résumer cette prose diplomatique : « ne comptez pas sur nous ». Il faudra désormais un petit miracle pour qu’Armen Soukiassyan puisse repartir du tribunal allemand avec sa fille.


Dates clés d’un incroyable imbroglio juridique

2 novembre 2006 : naissance d’Isabelle Soukiassyan.

2010 : Isabelle disparaît avec sa mère durant huit mois. Son père la retrouve à Nantes et la ramène à Albi.

7 février 2012 : divorce entre Armen Soukiassyan et Liana Lalayan prononcé.

16 juillet 2012 : Liana Lalayan et sa fille Isabelle quittent le territoire français.

26 octobre 2012 : Plainte pour non-représentation d’enfant auprès du Procureur de la République d’Albi par Armen Soukiassyan.

13 novembre 2012 : demande de retour sur fondement de la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 au Bureau d’Entraide civile internationale du Ministère de la Justice.

3 mai 2013 : Armen Soukiassyan demande au juge des affaires familiales (JAF) d’Albi l’exercice de l’autorité parentale exclusive.

12 juillet 2013 : devant le tribunal de Hamm (Allemagne), les parents conviennent qu’il s’agit d’un enlèvement d’enfant, de se soumettre à la décision du juge français seul compétent et que la résidence de l’enfant se situe dès à présent et jusqu’à nouvel ordre encore en France.

28 novembre 2013 : Le JAF d’Albi confie l’exercice exclusif de l’autorité parental a u père et fixe la résidence habituelle de la petite Isabelle chez son père à compter du 28 décembre 2013.

19 mars 2014 : la cour d’Appel de Toulouse déboute Mme Lalayan de sa demande d’appel de la décision du JAF en date du 28 novembre 2013.

17 décembre 2014 : Un juge allemand du tribunal de Hamm ordonne le « maintien en Allemagne » de la petite fille jugée « bien intégrée » dans son pays d’accueil.


En soutien à Monsieur Soukiassyan, nous avons écrit au consulat.

Notre courriel a fait écho à celui que le consulat avait adressé à Monsieur Soukiassyan et dont seule la dernière partie plus haut surlignée, a été citée par La Dépêche.

Le document du tribunal allemand publié dans cet article n’est pas l’un des documents que nous avons attaché à notre courriel.

Monsieur,

Monsieur Soukiassyan nous a communiqué votre courriel daté du 11 mars 2015 que vous lui avez adressé, en réponse à sa demande de soutien et nous sommes surpris par la motivation de votre refus d’assister à l’audience du 19 mars 2015.

En effet, vous avez précisé que Monsieur Soukiassyan avait souhaité être accompagné d’un agent consulaire à la prochaine audience du Tribunal de Hamm « qui doit statuer sur le droit de garde de sa fille Isabelle Soukiassyan ».

Nous nous permettons donc d’intervenir pour vous rappeler qu’il ne s’agira pas, lors de l’audience du 19 mars 2015, de statuer sur le droit de garde de sa fille, ce qui serait pour le moins incompréhensible, puisque Monsieur Soukiassyan détient déjà sur elle, le droit de garde et même l’autorité parentale exclusive.

En revanche, il s’agira (cf. pièce jointe n°1), de statuer sur le retour d’Isabelle Soukiassyan en France, auprès de son vrai père et de sa vraie famille où elle vivait avant que sa mère l’en arrache, ce qu’avait reconnu le tribunal allemand en juillet 2013.

Dans cette procédure il s’agira donc uniquement de l’application de la convention internationale relative aux enlèvements.

Enfin, étant donné que l’autorité centrale, service du ministère de la justice allemand, est également partie prenante (cf. pièce jointe n°1 et § 3 ff. IntFamRVG), nous insistons sur l’importance de votre présence à cette audience.

En espérant avoir dissipé ce malentendu, ce qui vous permettra peut-être de reconsidérer votre décision, nous vous prions, Monsieur, d’agréer l’expression de notre considération distinguée.

Les parents membres de l’association « Enfants Otages ».

Combien ça coûte… un enfant ?

Il était une fois des citoyens français qui s’appelaient Nathalie, Pierre, Agnès, Pascal, Olivier, Marie, Alain, Valérie, Patrick, Karine, Cédric, Caroline, Lionel, Gilles, Luc, Antoine … qui ont été pris dans les griffes de la « justice » allemande ou livrés avec leurs enfants à la « justice » et aux autorités administratives allemandes par les tribunaux français.

Tous ces citoyens français ont tenté de démontrer aux autorités judiciaires et administratives françaises qu’ils sont outrancièrement abusés par ce pays.

Ne seront pas ici détailler ces abus qu’il convient de qualifier de fraudes, d’infractions ou de violations des droits fondamentaux (discrimination, atteinte au droit de libre circulation, au droit à la famille, aux droits des enfants, faux en écritures publiques ou privées, falsifications etc.) ; Des actes qui sont peut-être légaux aux yeux des autorités d’un pays qui devra attirer 14 millions d’immigrés en 10 ans s’il ne veut pas disparaître, mais lourdement sanctionnés par les tribunaux de tous les autres pays démocratiques.

Il était une fois des citoyens français, tous confrontés aux mêmes « difficultés », qui ont demandé de l’aide à leur ministre des affaires étrangères, à leur ministre de la justice ou à leur président de la république.

Il était une fois des citoyens français toujours plus nombreux qui étaient depuis vingt ans au moins, au nom du principe de l’indépendance de la justice, abandonné aux mains des autorités allemandes qui les humiliaient, les ruinaient, mais surtout, les privaient de leurs enfants.

Or, un jour de juin 2014, ils apprenaient de la presse que la société BNP-PARIBAS pourrait se voir condamner par la justice des Etats Unis pour avoir contrevenu aux lois de ce pays, à une amende astronomique de plus de sept milliard d’euros.

Dire qu’ils ont été étonnés d’apprendre que François Hollande a volé au secours de la banque en intervenant auprès du président des États-Unis Barack Obama pour demander sa clémence serait un euphémisme.

Il est normal que ce dernier lui ait répondu qu’il n’avait aucun moyen d’intervenir dans une affaire judiciaire, la justice de son pays est indépendante.

D’un côté, la société BNP-PARIBAS, qui avait tous les moyens juridiques pour savoir par avance, qu’il ne fallait pas négocier en dollars avec certains états, se rend coupable d’une grave infraction.

De l’autre côté, des milliers d’enfants binationaux privés de leur parent et de leur famille non allemand par un état partenaire et ami qui use ouvertement depuis vingt ans au moins, de procédés ignobles.

Cela veut-il dire que pour voir nos autorités de tutelle intervenir dans leurs histoires d’enfants binationaux, il faut leur faire comprendre que ces enfants valent au moins 7 milliards d’euros ?

Les allemands, ou tout au moins leurs dirigeants, ont compris depuis des décennies que les enfants avaient une valeur inestimable et que le retour sur investissement l’est tout autant (frais de procédure, avocats des parents, avocats des enfants, experts psychologues, frais de visites surveillées, pensions alimentaires, partage de patrimoine, héritage…).

Etions-nous dans l’erreur ?

Il y a huit ans, on dénonçait déjà cette procédure couramment mise en œuvre outre-Rhin qui consiste à substituer un nom allemand au patronyme des enfants binationaux.

Au besoin, leur acte de naissance était même corrigé de sorte que le parent non allemand n’y figure plus.

C’est cette pratique toujours très en vogue chez nos amis allemands et autrichien qui a sans doute conduit Cristiana Muscardini à demander à la Commission européenne si finalement, ce n’était pas les autres pays membres qui seraient dans l’erreur en y voyant là une violation des Droits de l’Homme.

La question écrite de l’eurodéputée Christiana Muscardini a été publiée le 23 avril 2014 sur le site du Parlement européen. En l’absence d’une traduction officielle en français, nous l’avons-nous-mêmes traduite.

En espérant que la Commission y réponde au cours de la prochaine législature, même si Cristiana Muscardini ne siège plus au Parlement européen.


Question à la Commission avec réponse écrite E-005311-14 du 23/04/2014

Article 117 du règlement

Cristiana Muscardini (ECR)

Objet : Le changement du nom de famille des enfants résidents en Allemagne et en Autriche à l’insu du père d’une d’autre nationalité

En Allemagne et en Autriche, où les pères célibataires ne jouissent pas automatiquement des droits naturels sur leurs enfants comme dans les autres pays de l’Union, Les enfants naturels subissent donc un préjudice et un traitement discriminatoire au regard des enfants nés de couples mariés.

De plus, on a attiré notre attention et on a documenté que dans ces pays, on change le nom de famille des enfants binationaux nés en dehors de l’Allemagne et de l’Autriche ; on remplace donc le nom de famille paternel par le nom de famille maternel à l’insu du père et on modifie les documents d’identité.

Les enfants portent par conséquent un nom de famille dans leur pays natal et un autre en Allemagne ou en Autriche.

La Commission peut-elle nous préciser :

  1. si elle convient que cette pratique, bien que soutenue par le droit de la famille des deux pays concernés, est une violation du droit à un nom et à une identité personnelle garanti par l’Europe.
  2. si oui, si elle ne considère pas qu’il est nécessaire de demander aux deux Etats membres concernés d’adhérer aux principes de la non-discrimination et du droit à l’identité personnelle partagé dans toute l’Union, en particulier dans le cas des mineurs ?

Intervention de Pierre-Yves Le Borgn’ au Conseil de l’Europe

Nous avons tout entendu et son contraire à propos de ces médiations. Ont-elles été une réussite ? Ont-elles été un échec ? Ont-elles été supprimées parce que devenues inutiles avec Bruxelles II bis ? Ont-elles été abandonnées parce que les allemands n’en voulaient pas ?… Nous croyons qu’on ne saura jamais.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’aujourd’hui, après ce qui s’est passé pour la Commission européenne des pétitions du 1er avril 2014, c’est que les allemands n’accepteront jamais de revoir leur conception de l’intérêt supérieur de l’enfant, si on ne les y contraint pas et si on préfère fermer les yeux sur ces centaines de drames plutôt que de leur faire comprendre une bonne fois pour toute, que l’Europe ce n’est pas l’Allemagne, quitte à ce que cela crée quelques frictions.

Comment peut-on faire confiance à des gens qui pour leurs quelques enfants retenus au Danemark (ce qui est également inacceptable), clament, scandalisés, qu’il y a violation des droits fondamentaux de ces enfants et qui, lorsqu’il s’agit des milliers d’enfants qu’ils retiennent eux-mêmes en otage, brandissent le principe de subsidiarité et la souveraineté nationale pour le droit familial allemand ?

Quant à l’intérêt supérieur de l’enfant, il est effectivement urgent d’en établir une définition (et les conséquences qui en découlent), puisqu’en laissant les pays membres, sur la base de la confiance mutuelle, libres de décider au cas par cas, certains d’entre eux en ont profité pour exploiter cette brêche qui avait été laissée ouverte pour favoriser leurs ressortissants.

Enfin, sans doute pour « faire court », on parle toujours de divorces. Or, il serait beaucoup plus prudent, au vu du droit familial allemand, de la culture et des coutumes de ce pays, de parler de couples séparés, mariés ou non.

Mais il va de soi que quelle que soit la solution, nous serons les premiers à applaudir, si elle nous sort enfin de ce cauchemar.

Une pétition avait été lancée.

Le 1er avril 2014, un jour doublement historique

Ca y est, c’est fait. Pendant que François Hollande remaniait son ministère, les pétitionnaires, ou plutôt ceux des pétitionnaires qui ont pu déjouer la stratégie allemande, ont pu s’exprimer devant la Commission fantôme des pétitions.

Mais que racontent-ils encore ?

C’est ce que dirait probablement notre ancien et nouveau ministre des sceaux en lisant ces premières lignes en ajoutant sans doute qu’elle vous l’avait bien dit, preuve à l’appui, que ces « certains parents » perdent la tête.

Mais non Madame Taubira, nous ne perdons pas la tête et « pire », nous résistons !

Un avant-goût de ce qui nous attend.

Pour comprendre, nous vous proposons de revenir aux épisodes précédents. Le 20 mars 2014, quelques 24 pétitionnaires qui attendaient pour certains depuis 4 ans que leur pétitions fussent examinées, virent leur dernier espoir d’être enfin entendus par nos garants européens des droits de l’Homme s’évanouir. Peter Jahr (PPE) venait de demander le retrait de leur pétition de l’ordre du jour de la dernière session de la Commission avant les élections et c’est ce qui fut fait.

Sans l’intervention musclée des eurodéputées italiens et l’appui de notre eurodéputé Philippe Boulland, membre de la Commission des pétitions, les allemands auraient pu, d’un simple claquement de doigt, faire reporter l’examen des pétitions qui leur font ombrage aux calendes grecques.

Ce triste épisode aura pourtant eu deux énormes avantages.

En cette période d’élection où la citoyenneté européenne est d’autant plus à l’honneur que l’Europe a du mal à surmonter une crise dont l’Allemagne est pour beaucoup responsable, cette situation est une belle illustration de ce qui nous attend si nous tous, parents d’enfants otages ou non, nous ne nous préoccupons pas plus de ce qui se passe à Bruxelles.

Nous avons là un bel exemple  de ce qui nous attend si aux prochaines élections, nous ne nous précipitons pas tous aux urnes pour dire que nous ne voulons pas d’une Europe germanisée, mais que nous aspirons plus que jamais à une « Union dans la diversité ».

Mais qu’ils en viennent aux faits !

Voilà, voilà. Pas de Commission ? Qu’à cela ne tienne, nous irons quand même à Bruxelles et avec l’aide de nos eurodéputés, nous organiserons une conférence de presse le 1eravril 2014.

C’est court, mais tant pis. Parallèlement, de nombreuses personnes soutenues par les eurodéputés Muscardini et Rinaldi, ont demandé par courrier aux présidents des différents groupes politiques européens d’inscrire à nouveau les pétitions à l’ordre du jour, dans le cadre d’une session extraordinaire à Strasbourg.

La victoire en chantant ?

Non, pas vraiment, mais quand même… Nous attendions, la conférence de presse qui devait commencer à 15 heures, lorsqu’on nous a annoncé que les pétitions contre l’Allemagne venaient d’être réinscrites à l’ordre du jour. Mais, car il y a bien évidemment un « mais », le temps consacré aux pétitionnaires avait été considérablement réduit, au point qu’un droit de parole limité à 3 minutes étendu à 5, après négociations,  avait été accordé.

Par ailleurs, beaucoup de pétitionnaires étaient absents puisqu’ils pensaient que tout avait été annulé.

Mais où est passée la Commission ?

Ultime affront, la Commission européenne n’était pas là ! Hormis les allemands Peter Jahr, Reiner Wieland et l’Autrichienne Werthmann, toute la Commission pétitions  a présenté ses excuses aux pétitionnaires, a convenu que c’était scandaleux, que toutes les pétitions resteraient ouvertes et qu’un rapport sera transmis.

Mais qui dit conférence de presse dit média non ?

Heu… oui, c’est vrai. D’ailleurs Philippe Boulland a sur ce point encore précisé qu’il fallait « mettre le paquet ». On n’est pas encore au point dans ce domaine, on finira bien par y arriver. Mais si Hollande nous a volé la vedette, il y avait quand même quelques journalistes que nous remercions de croire avec nous que c’est l’Europe de nos enfants que nous construisons.

Côté Français, Françoise Schöller et son équipe étaient présentes. Elle est toujours là où il faut et quand il faut. C’est à croire qu’elle trouve ces « certains parents » plutôt intéressants et que Madame Taubira ne lui a pas encore transmis ses statistiques. On aura donc très certainement un bon reportage au JT de France 3 et peut-être sur France 2 aussi.

Il y avait aussi M6, mais là, nous ne somme sûr de rien. Les français gaulois que nous sommes restent d’irréductibles individualistes. Reste à espérer que l’émission qui en résultera sera profitable à tous.

Côté italiens, Les journalistes du ‘Il Patto Sociale’ ont également couvert l’évènement.

Bon, mais cette journée a-t-elle été positive ?

Franchement, ouais. On a fini la soirée en fêtant le doctorat en tutelle, droits et protection des enfants de Marinella.

Mais plus sérieusement, nous pensons que même si nous n’avons pas encore gagné, nous avons encore marqué quelques points.