{"id":1842,"date":"2021-04-06T21:22:35","date_gmt":"2021-04-06T20:22:35","guid":{"rendered":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/?p=1842"},"modified":"2021-04-06T21:33:57","modified_gmt":"2021-04-06T20:33:57","slug":"enquete-comment-lallemagne-a-pris-nos-enfants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/1842\/enquete-comment-lallemagne-a-pris-nos-enfants\/","title":{"rendered":"Enqu\u00eate : comment l&rsquo;Allemagne a pris nos enfants"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><sup>Traduction de l\u2019article paru en Italie dans Millennium, octobre 2020<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/thumbnail_Millennium-copertina-ottobre-2020.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1843\" width=\"400\" height=\"539\" srcset=\"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/thumbnail_Millennium-copertina-ottobre-2020.png 400w, https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/thumbnail_Millennium-copertina-ottobre-2020-223x300.png 223w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Sous le 3\u00e8me Reich,<\/strong> sous l\u2019Allemagne nazie, le chef des SS Heinrich Himmler restructure le syst\u00e8me qui s\u2019occupe des mineurs et en fait une administration pour les jeunes : le Jugendamt, une entit\u00e9 politique pour le contr\u00f4le de la famille qui encore aujourd\u2019hui exerce ses pleins pouvoirs sur les mineurs. Le r\u00f4le de cette entit\u00e9 qui s\u2019autod\u00e9finit sous le nom de Bureau d\u2019Etat de Surveillance est celui de contr\u00f4ler l\u2019obligation des parents \u00e0 \u00e9duquer les enfants. Mais \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019Italie, o\u00f9 les assistants sociaux, avec leurs relations, peuvent influencer la d\u00e9cision du juge, en Allemagne le Jugendamt est en partie prenante dans les proc\u00e9dures : il a le pouvoir de donner son avis au juge et peut faire appel des d\u00e9cisions \u00e9mises par le tribunal pour les mineurs. Une autre diff\u00e9rence pas moins significative est que les assistants sociaux italiens ne sont pas toujours impliqu\u00e9s dans les proc\u00e9dures de s\u00e9paration, par exemple dans les consensuels, le Jugendamt, en revanche, intervient d\u2019office et est donc toujours pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces pouvoirs cr\u00e9ent des probl\u00e8mes aux parents qui vivent en Allemagne qu\u2019ils soient allemands, \u00e9trangers ou couples mixtes. A la Commission des P\u00e9tition du Parlement europ\u00e9en, arrivent des centaines de plaintes ou signalisations de p\u00e8res et de m\u00e8re qui se sont vus retirer la garde des enfants sans possibilit\u00e9 de se d\u00e9fendre de mani\u00e8re loyale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Richard Moritz, dans son livre \u00ab La honte allemande \u00bb, d\u00e9nonce : \u00ab Il y a un vrai business qui produit un chiffre d\u2019affaires de plus de 400 milliards d\u2019euros par an provenant directement de l\u2019Etat et plus de cent milliards d\u2019euros induits. Un enfant enlev\u00e9 de sa famille et plac\u00e9 dans un foyer, quand il en sort \u00e0 18 ans, aura cr\u00e9\u00e9 une facture de quasi un million d\u2019euro. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parlement europ\u00e9en submerg\u00e9 par les demandes d\u2019aide des parents qui ont eu affaire \u00e0 ces institutions a ouvert plusieurs groupes de travail pour chercher \u00e0 r\u00e9gler ce probl\u00e8me. Le 29 novembre 2018 ils ont \u00e9mis la r\u00e9solution 2856 ou l\u2019on peut lire : le parlement retient avec une grande pr\u00e9occupation que les probl\u00e8mes qui concernent le syst\u00e8me du droit de famille allemand ainsi que le r\u00f4le controvers\u00e9 du Jugendamt reste jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent non r\u00e9solu et souligne que la Commission des P\u00e9titions re\u00e7oit continuellement des p\u00e9titions de parents non allemands o\u00f9 sont signal\u00e9es de graves discriminations\u201d. Parce que dans les familles ou l\u2019un des parents est \u00e9tranger, on peut encore lire \u201c la protection de l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur du mineur est syst\u00e9matiquement interpr\u00e9t\u00e9 par les autorit\u00e9s allemandes comp\u00e9tentes avec la n\u00e9cessit\u00e9 de garantir que les mineurs restent sur le territoire allemand.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Accus\u00e9s en Europe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Jugendamt avait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9c\u00e9demment fourni son point de vue au Parlement europ\u00e9en le 10 novembre 2016. Durant cet \u00e9v\u00e9nement, Reiner Hoffman du Jugendamt de Berlin a parl\u00e9 devant certains parents et enfants ainsi : \u201cClairement je me trouve dans une situation difficile car nous avons re\u00e7u beaucoup de critiques et de reproches \u201c. puis il a ajout\u00e9 : \u201c Nous donnons notre aide aux mineurs enfants et parents. Le Jugendamt s\u2019occupe de tuteler l\u2019int\u00e9r\u00eat des mineurs sans entrer dans le cadre de l\u2019\u00e9ducation mais seulement dans la sauvegarde de leur s\u00e9curit\u00e9 \u00bb. Sont pass\u00e9es des ann\u00e9es depuis ces paroles mais on dirait que rien n\u2019a chang\u00e9. Nous avons appel\u00e9 souvent le Jugendamt pour avoir des clarifications, nos questions \u00e9taient simples : Votre position de 2016 a-t-elle \u00e9volu\u00e9 aujourd\u2019hui ? Que s\u2019est-il pass\u00e9 suite aux critiques et aux accusations de 2018 ? Il semblerait cependant que personne n\u2019ait envie d\u2019en parler : entre un \u00ab Nous ne parlons pas anglais \u00bb et un \u00ab Nous n\u2019avons pas l\u2019autorisation de vous donner ces informations \u00bb, il ne nous reste plus qu\u2019\u00e0 croiser les doigts pour tous ces parents qui encore aujourd\u2019hui, esp\u00e8rent recevoir une d\u00e9cision juste et \u00e9quitable pour retrouver leurs enfants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le 3eme parent<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est important de souligner qu\u2019au tribunal outre le p\u00e8re et la m\u00e8re, il y a aussi le Jugendamt qui, en tant que partie prenante, a le r\u00f4le de 3\u00e8me parent. Son r\u00f4le est de garantir le Kindeswohl qui veut dire le bien-\u00eatre de l\u2019enfant, comme inscrit dans la loi, les trait\u00e9s et conventions internationales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme explique Marinella Colombo qui a v\u00e9cu ce m\u00e9canisme et qui nous raconte dans ses livres \u201cJe ne vous laisserai pas seuls \u00bb et \u00ab La tutelle au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re\u201d, comme il s\u2019agit d\u2019un concept juridique pas bien d\u00e9fini, dans le cas d\u2019un couple mixte, ce bien co\u00efncide souvent avec la garde du mineur au parent allemand ou \u00e0 qui garantit la permanence sur le territoire allemand et assure une \u00e9ducation teutonique. Il est important de tenir compte que le Jugendamt proc\u00e8de sur une base de principes fondamentaux : les enfants sont un patrimoine de la communaut\u00e9 et de l\u2019Etat. Et ce principe semble passer devant toute autre consid\u00e9ration. Dans la r\u00e9solution num\u00e9ro 2018\/2856, le Parlement europ\u00e9en met en garde les institutions allemandes car \u201d l\u2019enfant reste en Allemagne m\u00eame dans les cas ou ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es des violences conjugales, contre les parents non allemands\u201d. On parle de parents violents, alcooliques et peut \u00eatre qui ne montrent aucun int\u00e9r\u00eat pour le mineur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Exactement ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 Alessio, fils d\u2019un p\u00e8re allemand et d\u2019une m\u00e8re italienne. La maman, victime de maltraitance, en plus des preuves de ses s\u00e9jours \u00e0 l\u2019h\u00f4pital avec constats de contusions du cr\u00e2ne, fractures nasales, \u00e9gratignures des mains, s\u2019est vue arracher son enfant \u00e2g\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">de quelques mois en faveur du p\u00e8re violent. M\u00eame le p\u00e8re a d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 agress\u00e9 mais sans pouvoir produire des preuves. Enlever un enfant \u00e0 une maman durant les premiers mois de sa vie viole entre autre \u00ab le droit \u00e0 l\u2019allaitement \u00bb amplement garanti par la Convention ONU sur les droits de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La proc\u00e9dure sur le droit de garde a dur\u00e9 plus de 2 ans, pendant lequel Alessio a v\u00e9cu avec le p\u00e8re allemand et, confirmant la tendance de vouloir faire rester les enfants en Allemagne, la psychologue qui avait la t\u00e2che d\u2019\u00e9valuer ce cas \u00e9crivait \u00ab Il faut s\u2019attendre \u00e0 ce que la maman d\u00e9m\u00e9nage en Italie avec Alessio si on lui confie la garde. On arracherait l\u2019enfant de son environnement social et on rendrait quasi impossible le contact avec le p\u00e8re, son actuel et principal caregiver \u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, la maman demandait la garde partag\u00e9e et donc elle n\u2019aurait pas pu s\u2019en aller. D\u2019apr\u00e8s la psychologue, il n\u2019y a qu\u2019une chose \u00e0 faire : \u201c De mon point de vue d\u2019experte, il faut \u00e9tablir que continuer \u00e0 vivre dans le futur avec le papa correspond au bien de l\u2019enfant. Alessio a d\u00e9montr\u00e9 dans de brefs moments un comportement typique d\u2019attachement envers le p\u00e8re. Cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 lors des interactions avec la maman. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019obligation du rapatriement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui nous choque de cette relation est que la psychologue en tant qu\u2019experte ne semble tenir absolument aucun compte qu\u2019Alessio n\u2019a pas vu sa m\u00e8re pendant 2 ans et donc cela pourrait sembler normal qu\u2019il ne d\u00e9montre aucun attachement envers elle. Mais le tribunal, qui suit les m\u00eames principes du Jugendamt a utilis\u00e9 cette affirmation pour conf\u00e9rer d\u00e9finitivement la garde au p\u00e8re qui, m\u00eame \u00e9tant un maltraitant, garantissait sa permanence en Allemagne et une \u00e9ducation allemande. Au jour d\u2019aujourd\u2019hui le p\u00e8re a les pleins pouvoirs de d\u00e9cider avec qui et o\u00f9 passe le temps son enfant et peut donc aussi choisir &#8211; comme il l\u2019a bien fait &#8211; d\u2019emp\u00eacher la m\u00e8re de passer quelques jours de vacances avec lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais des histoires comme celle-ci malheureusement il y en a beaucoup. Comme celle de la d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e Marinella Colombo. Voici ce qu\u2019elle nous raconte : \u00ab Mes 2 enfants ont \u00e9t\u00e9 maltrait\u00e9s en Allemagne sur la base d\u2019une traduction falsifi\u00e9e sans jamais \u00eatre \u00e9cout\u00e9s, sans jamais tenir en compte leur volont\u00e9 de rester en Italie\u201d. Elle-m\u00eame est pass\u00e9e de victime \u00e0 coupable, condamn\u00e9e et emprisonn\u00e9e. Cette affaire va \u00eatre bient\u00f4t accessible \u00e0 un large public gr\u00e2ce \u00e0 la sortie d\u2019un film tir\u00e9 de son premier livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il existe un m\u00e9canisme qui se r\u00e9p\u00e8te dans beaucoup d\u2019histoires que nous avons entendues et lues : quand un parent non-allemand emm\u00e8ne les enfants dans son pays, dans certains cas m\u00eame seulement pour les vacances, en 24-48 heures, il se peut qu\u2019un mandat d\u2019arr\u00eat soit \u00e9mis contre lui avec un d\u00e9cret de rapatriement du mineur. Ainsi sans preuve, simplement tout en affirmant que l\u2019enfant pourrait \u00eatre en danger, on conf\u00e8re au parent allemand le droit exclusif de d\u00e9terminer la r\u00e9sidence. Et comme l\u2019explique Mme Dr. Colombo : \u00ab \u00e0 ce stade, avec la proc\u00e9dure p\u00e9nale en cours et l\u2019arrestation de la part des forces de police du pays \u00e9tranger, le juge allemand qui a en mains toutes les cartes peut tranquillement d\u00e9cider d\u2019enlever la garde de l\u2019enfant au parent non allemand. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout \u00e7a ind\u00e9pendamment de l\u2019arr\u00eat du 15 juillet 2010 dans lequel la Cour de Justice europ\u00e9enne dans la proc\u00e9dure C-256\/09 le r\u00e9affirme, comme indiqu\u00e9 par l\u2019article 16 de la Convention Aja de 1980. L\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice europ\u00e9enne \u00e9crit clairement que ces d\u00e9cisions prononc\u00e9es apr\u00e8s l\u2019\u00e9ventuel transfert ne peuvent justifier une demande de rapatriement. Souvent par contre les tribunaux de toute l\u2019Europe ignorent cet arr\u00eat et la jurisprudence en mati\u00e8re, et ordonnent quasi syst\u00e9matiquement le rapatriement de l\u2019enfant en Allemagne. Le parent \u00e9tranger qui \u00e0 ce point ne peut plus voir l\u2019enfant qu\u2019en de brefs moments et sous surveillance, est contraint \u00e0 payer une pension, non pas par rapport \u00e0 ses revenus mais en r\u00e9f\u00e9rence au tableau allemand. Un impay\u00e9 peut engendrer une saisie surtout en Italie o\u00f9 les parents italiens sont souvent propri\u00e9taire d\u2019un bien immobilier et risquent de perdre l\u2019appartement dans lequel ils habitent pour envoyer l\u2019argent en Allemagne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela peut \u00eatre pire encore. Apr\u00e8s 18 mois sans aucune nouvelle de ses 2 enfants dont la garde avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 la m\u00e8re allemande, Patrick, p\u00e8re fran\u00e7ais, a arr\u00eat\u00e9 de payer la pension et s\u2019est vu envoyer un mandat d\u2019arr\u00eat international et a \u00e9t\u00e9 extrad\u00e9. Patrick se rappelle la situation ainsi \u201dJe savais que mon ex-femme avait une bonne situation \u00e9conomique et je n\u2019aurais mis personne en difficult\u00e9 mais quand j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 de payer car je ne savais plus rien de mes enfants, le Jugendamt m\u2019a dit : \u201dTant que vous ne recevez pas un acte de d\u00e9c\u00e8s, vous devez payer. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9alit\u00e9 apr\u00e8s la s\u00e9paration de 2006, Patrick avait le droit de passer avec ses enfants 8 heures tous les 15 jours. Mais un beau jour la m\u00e8re a d\u00e9cid\u00e9 de ne plus les lui remettre, raconte-t\u2019il d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201c Sont passe 9 ans 11 mois et 4 jours la derni\u00e8re fois o\u00f9 je les ai vus, c\u2019\u00e9tait le 10 octobre 2010, Angelina avait 8 ans et Pierre 7 ans. Je me rappelle bien de ce jour. Mon ex-femme avec qui la situation n\u2019allait pas du tout, m\u2019avait donn\u00e9 rendez-vous dans une rue un peu bizarre. Je suis arriv\u00e9 en voiture, les enfants souriaient heureux. J\u2019ai ensuite entendu arriver la police. Les agents une fois descendus de la voiture, m\u2019ont dit : \u00ab Va-t\u2019en de ce pays \u00bb devant mes enfants, vous comprenez\u2026 \u00bb En retenant ses larmes, Patrick conclut : \u00ab Le dernier au-revoir f\u00fbt avec eux qui me regardaient \u00e9bahis sans comprendre ce qui \u00e9tait en train de se passer. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019histoire de Kerem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a des histoires comme celle de Kerem, p\u00e8re d\u2019origine turque qui semble confirmer les mots de Moritz :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Il y a un vrai business qui produit plus de 40 milliards d\u2019euros par an \u00bb. Nous sommes en mai 1999 quand Kerem d\u00e9couvre que son ex compagne attend un autre enfant de lui. La m\u00e8re ne voulait pas reconnaitre l\u2019enfant, Kerem d\u00e9cide avec son accord que quand il naitra il le gardera avec lui et le l\u2019\u00e9l\u00e8vera tout seul. Mais la femme disparait apr\u00e8s l\u2019accouchement, avec l\u2019aide du Jugendamt. L\u2019enfant est confi\u00e9, pour adoption, \u00e0 un couple d\u2019allemands. Quand Kerem, 3 mois apr\u00e8s, r\u00e9ussit \u00e0 retrouver la trace du nouveau-n\u00e9, il fait imm\u00e9diatement une demande de reconnaissance de paternit\u00e9. Il devra attendre un an et demi et un test d\u2019ADN pour qu\u2019on le reconnait comme le p\u00e8re de l\u2019enfant. A ce moment le tribunal allemand l\u2019autorise \u00e0 lui rendre visite chez la famille adoptive ; les visites devront \u00eatre de plus en plus longues et plus fr\u00e9quentes. Le Jugendamt, selon Kerem, ralentit et met des obstacles aux visites jusqu\u2019\u00e0 les bloquer gr\u00e2ce \u00e0 un recours que le Jugendamt pr\u00e9sente \u00e0 la Cour d\u2019Appel. Apr\u00e8s un long et tortueux parcours juridique, en octobre 2003, on emp\u00eache \u00e0 Kerem de reconnaitre et d\u2019adopter son fils et de le rencontrer. Le paradoxe est que les juges et les experts, dans leurs \u00e9changes, avaient affirm\u00e9 qu\u2019il est un excellent p\u00e8re en bon rapport avec son fils. En 2004 la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019Homme de Strasbourg se prononce sur cette affaire et condamne l\u2019Allemagne pour violation des droits de l\u2019enfant. Malheureusement l\u2019affaire ne se conclut pas comme \u00e7a ; la Cour d\u2019Appel allemande bloque la sentence pour motifs proc\u00e9duraux. Kerem fait appel pour le non-respect de la d\u00e9cision de Strasbourg mais il n\u2019obtient qu\u2019une indemnisation \u00e9conomique. Il n\u2019a jamais pu revoir ou embrasser son fils.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque ann\u00e9e en Allemagne, le Jugendamt, raconte Mme Dr. Colombo, enl\u00e8ve aux parents plus de 50 000 enfants d\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es de Destatis le Bureau F\u00e9d\u00e9ral de statistiques allemand. Nous parlons de 550 000 dans les 10 derni\u00e8res ann\u00e9es. La plus grande partie ne rentre pas dans la famille naturelle, ces enfants sont plac\u00e9s chez d\u2019autres familles ou restent dans un foyer jusqu\u2019\u00e0 leur 18 ans. 72% des enfants a au moins un parent \u00e9tranger, et donc dans beaucoup de cas italiens. Ceci a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 aussi par le parlementaire europ\u00e9en polonais Zdzislaw Krasnodebsky dans une conf\u00e9rence tenue au Parlement europ\u00e9en le 29 mai 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des donn\u00e9es bouleversantes qui font r\u00e9fl\u00e9chir. Et si d\u2019une part le Parlement europ\u00e9en avec la r\u00e9solution du 29 novembre 2018 \u201crappelle \u00e0 l\u2019Allemagne ses obligations internationales pr\u00e9vues par la Convention des Nations Unies sur les droits de l\u2019enfance\u201d, de l\u2019autre, on se demande pourquoi encore aujourd\u2019hui autant de parents priv\u00e9s de leurs enfants italiens et non-<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">allemands n\u2019arrivent pas \u00e0 faire valoir leurs droits face \u00e0 cette puissante administration allemande.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduction de l\u2019article paru en Italie dans Millennium, octobre 2020 Sous le 3\u00e8me Reich, sous l\u2019Allemagne nazie, le chef des SS Heinrich Himmler restructure le syst\u00e8me qui s\u2019occupe des mineurs et en fait une administration pour les jeunes : le Jugendamt, une entit\u00e9 politique pour le contr\u00f4le de la famille qui encore aujourd\u2019hui exerce ses &hellip; <a href=\"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/1842\/enquete-comment-lallemagne-a-pris-nos-enfants\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Enqu\u00eate : comment l&rsquo;Allemagne a pris nos enfants<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1842","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1842","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1842"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1842\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1848,"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1842\/revisions\/1848"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1842"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1842"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/syrella.o2switch.net\/enfants-otages-site1\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1842"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}